Le renchérissement de l’électricité et des carburants a dopé L’inflation, repartie à la hausse depuis août. Et si les prix alimentaires se sont stabilisés cet été, ils n’ont pas baissé, contrairement à ce que certains laissent entendre…
Les achats en grandes surfaces constituent un bon indicateur du moral des Français. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il n’est pas au beau fixe. Face à l’inflation, les ménages se serrent la ceinture. Et si le ticket de caisse explose, le nombre de produits déposés dans le caddie, lui, se réduit.
Au cours des sept premiers mois de l’année, cette chute atteignait 5,7%, selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) — un recul énorme alors que la consommation est tendanciellement en hausse en raison de la croissance de la population.
Sans surprise, les aliments les plus chers sont davantage touchés : les viandes, les poissons, les fromages, les fruits et légumes frais, ainsi que les filières de qualité (bio et labels).
Ces rationnements risquent de se prolonger. Après une accalmie à la fin du printemps, l’inflation est repassée au-dessus de la barre des 6% en août par rapport à août 2022, selon les relevés de l’UFC-Que Choisir. En clair, les prix sont supérieurs de 6% à ceux d’il y a un an, et plus encore à ceux de 2021 (lire le graphique).

À la pompe, ils fluctuent au gré du cours du pétrole. Les tarifs réglementés de l’électricité, eux, ont grimpé de 10% en août, après une majoration de 15% en février. Quant aux divers abonnements, assurances, transports, etc., qui avaient subi initialement un faible renchérissement, ils poursuivent leur « rattrapage ». Bref, presque tous les postes de dépenses sont concernés. Seule bonne nouvelle, les produits alimentaires et d’hygiène, après une longue envolée, se sont plus ou moins stabilisés depuis mai.
De nombreux foyers demeurent donc en difficulté. Alors, soucieux de montrer qu’ils ne restent pas les bras croisés, politiques, enseignes de la grande distribution et autres acteurs rivalisent d’astuces pour présenter la situation sous un jour positif Ainsi, les distributeurs accordent une place disproportionnée, dans leur communication, aux baisses appliquées en rayons dans le cadre du « Trimestre anti-inflation ». Cependant, ils n’ont pas l’apanage de la mauvaise foi.
L’Insee expliquait cet été que « les prix ralentiss[ai]ent » — ce qui ne veut absolument rien dire —, et Bruno Le Maire, notre ministre de l’Économie et des Finances, renchérissait, le 29 août sur les chaînes de télévision, observant « un ralentissement de l’augmentation de certains prix ». Traduction : cela continue bel et bien à grimper par rapport à l’année dernière, mais moins vite. C’est une désinflation (à ne pas confondre avec la déflation, qui, elle, est une baisse des prix).
Les faits n’incitent guère à croire les optimistes Une autre pirouette consiste à commenter les évolutions sur une période de quelques semaines, et à n’évoquer que les diminutions de tarifs, même infimes ou partielles. Ainsi, NielsenlQ s’est focalisé sur les marques nationales, dont « la moitié des produits les plus vendus ont vu leur prix décroître cet été » dans les supermarchés. Que cette variation soit « relativement faible (entre – 0,2 et – 0,8 %)» n’empêche pas le spécialiste des études de marché de conclure que « les promesses sur les baisses sembleraient avoir été tenues ».
Mais quid de l’autre moitié des produits et de ceux sous marque de distributeur ? L’optimisme paraît également de rigueur chez le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, qui prévoit une inflation ramenée « à 4,5% d’ici à la fin de l’année [et] à 2 O d’ici à 2025 ». Espérons qu’il ait raison, car les événements n’incitent guère à y croire, entre un coût du pétrole qui fait le yoyo, des catastrophes climatiques ininterrompues et des tensions géopolitiques persistantes.
SHRINKFLATION Marginale… jusqu’à quand ?
Comment répercuter les hausses des coûts de production d’un produit — voire augmenter ses marges — sans que le consommateur s’en détourne? Distributeurs et industriels disposent d’une palette d’artifices. Le plus simple ? Mettre moins d’aliments dans un paquet tout en conservant le même prix (ce qui revient à augmenter celui au kilo) : c’est le downsizing ou la shrinkflation (« réduflation »), qui défraie la chronique depuis des mois.
La cheapflation, elle, consiste à remplacer des ingrédients par d’autres de moindre qualité, moins coûteux, tout en maintenant un tarif identique. Seule parade pour les clients : se référer au coût au kilo et lire la liste des ingrédients.
Une pratique facilitée
Les pouvoirs publics ont rendu possibles ces dérapages quand ils ont déréglementé, en 2009, le poids des emballages. Depuis, les fabricants peuvent librement vendre des pâtés de 137 grammes ou glisser 43 couches dans un sachet. Néanmoins, ces pratiques restent marginales, comme l’UFC-Que Choisir l’a constaté lors d’une enquête en octobre 2022.
Seules quelques dizaines d’articles étaient concernées (Fauta orange, chips Doritos, tagliatelles aux œufs Barilla, etc.) sur plus de 100 000 références. Récemment, Carrefour a mené une campagne de dénonciation de marques, citant pêle-mêle les chips Lay’s, tes glaces Oreo ou Côte d’or, les chocolats Milka et Lindt, les yaourts La Laitière, un poisson surgelé Findus ou encore trois thés Lipton. Le 6 septembre, le PDG de l’enseigne, Alexandre Bompard, critiquait à raison, dans « C dans l’air », émission de France 5,
« nos amis de Pepsi Cola. […] Ils ont des chips qui s’appellent Lay’s, ils en ont mis 15 g de moins et ont augmenté le prix de 30 % », ou encore « nos amis d’Unilever, avec les très jolies glaces qu’on aime beaucoup, les Magnum, les Carte d’or, qui ont baissé de 200 ml et pris 20 % ».
Mais cette croisade est un peu hypocrite : M. Bompard a omis de signaler les excellents résultats de Carrefour, qui a engrangé un bénéfice de 326 millions d’euros au premier semestre 2023, en progression de 5,1 % !
Elsa Casalegno, Grégory Caret.Ed. Spéciale « Que Choisir » janvier 2024
La communication trompeuse se heurte à une évidence, celle de mon porte-monnaie, bon juge en la matière
L’inflation ne nait pas par hasard, elle nait de pénuries soigneusement organisées parfois même au sommet de l’état (qui dispose d’outil pour réguler l’offre comme l’oniol ou l’onic). De plus la libéralisation totale du commerce, en supprimant les normes, facilite le vol, je dis bien le vol, des consommateurs et Macron y a sa part de responsabilité en laissant faire les marchés dominés par quelques géants. Le manque de matériaux de construction, de carrelage, de matériel électrique qui pénalisent et rencherissent la construction ne peuvent être imputés à la guerre entre Russie et Ukraine, le prix de l’électricité nucléaire est 2 fois plus cher en France qu’en Finlande UK et USA, la vraie raison nous est cachée: l’argent gagné par EdF n’a pas servi aux amortissements, comme dans toute entreprise bien gérée, mais à des achats mal ciblés ou conditionnés par le génie politique de nos présidents dans des achats de prestige ou de complaisance.