#MeeToo plus trop ?

… après un frigide féminisme, certaines assument la séduction…

« On peut porter une culotte en coton le matin et un porte-jarretelles le soir » 

En 2017, à la suite de l’affaire Harvey Weinstein, les mouvements #MeToo et « body positive » incitent les marques de lingerie à troquer l’image – jusque-là indéboulonnable – de la femme-objet, contre une approche bien plus inclusive. Morphologies XXL, vergetures apparentes et photographies non retouchées remplacent alors le fantasme des top models de Victoria’s Secret, ces « anges » dénudés et emplumés qui faisaient vibrer les années 2000. Renaud Cambuzat, directeur de la création chez Chantelle, reconnaît :

« Le secteur était figé par des stéréotypes hétéronormés, à savoir l’omniprésence du regard masculin, la sexualisation d’un type unique de corps féminin et l’absence totale de diversité. Cette prise de conscience généralisée était nécessaire. »

Mais ce changement à peine amorcé, les cartes sont rebattues par le Covid et le « déconfinement » des poitrines. Ce phénomène baptisé « no bra » torpille à nouveau les codes et oblige les marques à s’adapter. Renaud Cambuzat se souvient : « Il fallait inciter les femmes à se réapproprier leur corps, notamment par de nouvelles normes esthétiques. » Il mise alors sur l’innovation et lance la ligne SoftStretch, des sous-vêtements seconde peau ultra-confortables et conçus en taille unique, pour s’adapter à tous les corps. Un choix gagnant : à peine un an après son lancement, la nouvelle gamme s’écoule à 1,5 million d’articles.  […]

A l’image de la nouvelle vague des « gaines », qu’on aurait pu croire reléguées à jamais dans les malles de l’Histoire. Populaires aux Etats-Unis depuis des années, ces sous-vêtements sculptant qu’on appelle désormais « shapewear » – sont devenus la nouvelle lubie de la Gen Z. Avec près de 4 milliards de vidéos TikTok sous ce hashtag, ces corsets des temps modernes se portent aujourd’hui au grand jour. Présentés comme « une solution pour tous », plutôt qu’un outil pour gommer des complexes, ils ont vu leur image redorée lorsque Kim Kardashian a lancé en 2019 Skims, sa marque spécialisée.  […

« Le mouvement “no bra” a évolué. Il n’évince pas nécessairement le soutien-gorge, mais implique désormais qu’il soit confortable avec un“bien aller” essentiel », approuve Maud Friocourt, la directrice artistique de Simone Pérèle.  […]

Plutôt que de s’acharner à pointer du doigt des canons de beauté aux mensurations parfaites et ringardiser le glamour, les marques ont choisi de réinventer la notion de séduction : « Elle est même redevenue cool et assumée depuis que l’achat de lingerie n’est plus perçu comme une injonction masculine », assure Samar Vignals, directrice chargée de la marque et de l’offre chez Aubade. Dans cette maison française, les célèbres « leçons de séduction », avec leurs gros plans sur certaines parties du corps, ont laissé place à des campagnes de publicité incarnées par des visages et des poses moins figées :

« La femme est devenue un sujet et non plus un objet de désir. Les changements sociétaux induisent plusieurs types de séduction, ce qui nous a conduits à diversifier notre offre avec de nouvelles formes de parures, avec ou sans armatures, et des pièces flirtant avec le prêt-à-porter, comme des bustiers à porter sous un blazer tout en restant inclusifs pour épouser n’importe quelle poitrine. » […]


Magali Moulinet. L’Obs. Source (Courts Extraits)


2 réflexions sur “#MeeToo plus trop ?

  1. tatchou92 29/01/2024 / 0h33

    C’est beau comme un camion… il y a du grain à moudre et du pognon à ramasser.. Pas certaine que cela fasse rêver les agricultrices, les chomeuses, les RMIstes, toutes celles qui rament pour pas grand chose et qui pensent surtout à nourrir leurs gamins,

    • Libres jugements 29/01/2024 / 10h14

      bien sûr ce qui suit ne regarde et n’engage que moi. Je trouve que le mouvement #MeeToo est allé est trop loin dans le rejet, dénonciation pas une partie de féministe acharnée frisant la schizophrénie.
      En postant cet article expliquant clairement le renouveau d’une démarche sexualisante réalisés par certaines femmes, je trouve amusant qu’au moins une partie de la gente féminine retrouve certaine distance avec ce mouvement quelque peu sectaire.

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