La salle éclate en applaudissements. Le président de la COP28, Sultan Al Jaber, a frappé le coup de marteau signifiant qu’un accord était adopté.
Le texte appelle à une « transition hors des énergies fossiles ». La formulation tient en quelques lignes qui ont été rédigées mot à mot au cours d’âpres négociations nocturnes : le texte appelle les États à « opérer une transition hors des combustibles fossiles dans les systèmes énergétiques [transitioning away from fossil fuels in energy systems], d’une manière juste, ordonnée et équitable, en accélérant l’action au cours de cette décennie cruciale afin d’atteindre le niveau zéro d’ici 2050 » (article 28).
Les objectifs consensuels sont bien là :
- Triplement des capacités de production mondiale des énergies renouvelables (électriques et biomasse) entre 2023 et 2030,
- Doublement du rythme d’amélioration de l’efficacité énergétique (qui passerait donc à 4 %/an).
- Fret maritime et transport aérien ne sont pas oubliés : il leur est recommandé d’utiliser des carburants bas et zéro carbone bien avant – ou aux alentours de 2050.
[…]
Les États pétroliers […] suggère d’accélérer la décarbonation des systèmes énergétiques de sorte qu’ils atteignent la neutralité carbone au mitan du siècle. Cela peut s’interpréter comme une sortie progressive des énergies fossiles ; laquelle devra se faire « orderly » et de manière équitable. Traduction : chacun pourra le faire à son rythme et selon ses méthodes, sans aucune contrainte.
Pour aider les décideurs à décarboner leur bouquet énergétique, la présidence émirienne a aussi proposé une série de modes de production d’énergie labellisés « bas carbone » : renouvelables et nucléaire (l’inclusion de l’énergie nucléaire dans l’accord est une victoire pour le gouvernement français !).
Le texte mentionne aussi des technologies d’extraction du CO₂, telle que le captage-stockage géologique (CSC) et l’hydrogène « bas carbone ». Elles ne devront être utilisées que pour les secteurs industriels difficiles à décarboner : sidérurgie et cimenterie en tête.
Autre point notable, à l’attention des producteurs de gaz et de système de climatisation : il faudra accélérer « de manière substantielle » la baisse des émissions de gaz à effet de serre autres que le gaz carbonique. Comprendre : le méthane (principal composant du gaz naturel) et les fluides frigorigènes qui comptent parmi les gaz à effet de serre les plus puissants qui soient.
Les transports routiers ne sont pas oubliés : ils devront, eux aussi, abattre leurs rejets carbonés. Et en la matière, la voie est toute tracée pour l’électrification du parc automobile mondial. […]
Déjà présent dans les précédentes versions, le couplet sur la fin des « subventions aux énergies fossiles inefficaces », dès que possible, est toujours là. Et l’on ignore toujours leur définition précise. Pourront être maintenues, en revanche, les aides publiques aux précaires énergétiques et à la transition énergétique « juste ».
[…]
Valéry Laramée de Tannenberg. Reporterre. Source (Extraits – Lecture libre en suivant le lien)
Avec, en prime, les éternelles subventions, offertes par la princesse… Aïe !
Mais on oublie aussi de dire que le nucléaire fonctionne avec des énergies fossiles (l uranium) ainsi que l’hydrogène blanc, issu d’une extraction comparable au gaz de schiste avec les mêmes risques de destruction du sous sol.