L’opposition a remporté les élections législatives en Pologne, le 15 octobre.
Aussitot elus, les députés de gauche ont déposé deux projets de loi pour libéraliser l’avortement.
C’est pour ce droit, sévèrement limité en Pologne (cas de viol, d’inceste, de mise en danger de la vie de la mère), que les femmes sont massivement allées aux urnes (« La Croix », 15/11). Le projet prévoit d’autoriser l’avortement jusqu’à la douzième semaine de grossesse et de dépénaliser l’aide ou l’incitation à l’IVG.
Cette demande de libéralisation a beau être soutenue par 83 % de la société polonaise, choquée par plusieurs décès de femmes dont l’avortement a été trop tardivement autorisé, elle a peu de chances d’aboutir dans l’immédiat.
Plus d’un mois après le scrutin, le nouveau gouvernement n’a pas été formé, le Président, conservateur, faisant tout pour retarder l’échéance. Et, au sein même de la gauche, la mesure fait débat, puisque le parti paysan, membre de la coalition qui a gagné les élections, est contre.
Ce n’est pas grave, tout ça, on attendra que ces messieurs se mettent d’accord.
Après tout, ce n’est qu’une histoire de bonnes femmes.
Article signé des initiales A.-S. M. le Canard enchaîné. 22/11/2023
Triste aveuglement