Partout dans le monde, d’extrémistes censeurs discriminent l’expression, l’art écrit, visuel, orale… Une cible pseudo-identitaire.
Après la polémique, le vandalisme : rien ne sera épargné à Fuck abstraction !, le tableau de Miriam Cahn, qui après avoir embrasé la fachosphère, suscité l’ire d’une députée RN, entraîné une pétition et six plaintes d’associations demandant son décrochage, s’est vu ce dimanche 7 mai aspergé de peinture par un individu au Palais de Tokyo.
Un acte qui a suscité en retour de nombreuses réactions, y compris celle du président Emmanuel Macron.
Charlotte Fauve. Télérama. Source (extraits)
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Attention, médiation renforcée : à Paris, au Palais de Tokyo, il y a désormais un médiateur à plein temps aux côtés de l’œuvre Fuck Abstraction !, de l’artiste suisse Miriam Cahn, à laquelle le centre d’art consacre une exposition, « Ma pensée sérielle ». Car la polémique enfle autour de cette toile accusée de représenter une scène pédocriminelle – à savoir un enfant aux mains liées, contraint de pratiquer une fellation sur un adulte.
Premier à s’en émouvoir, l’ancien présentateur télé Karl Zéro exigeait sur Twitter le décrochage du tableau, rejoint dans la foulée par les quelques neufs mille signataires d’une pétition déposée sur la plateforme Citizengo.
Récemment, Caroline Parmentier, députée Rassemblement national (RN) du Pas-de-Calais, y est même allée d’une vidéo filmée devant le tableau, avant de porter le sujet au sein de l’Assemblée nationale, pour dénoncer « l’exposition d’une telle œuvre dans la sphère publique, sans interdiction aux mineurs dans un musée du 16e arrondissement. »
Visite déjà déconseillée aux mineurs
Une accusation hors de propos à plusieurs niveaux. D’abord, au vu du dispositif particulier mis en place par le Palais de Tokyo pour accompagner « Ma pensée sérielle », et ce dès le début de l’évènement, le 17 février. À l’achat des tickets, un agent d’accueil déconseille d’emblée la visite aux personnes accompagnées de mineurs, en rappelant « que certaines œuvres sont susceptibles de heurter la sensibilité de certains visiteurs et notamment des plus jeunes. » Une pancarte répète les mêmes recommandations à l’entrée de l’exposition, puis devant la salle contenant l’œuvre en question, tandis que sept des seize agents du musée sont mobilisés dans les différents espaces pour répondre aux questions du public.
Charlotte Fauve. Télérama. Source (Extraits)
Le plus choquant n’est-il pas que de telles exactions eurent lieu, ont peut-être lieu en ce moment ? Ne pas en parler, c’est laissé faire. Maintenant concernant la polémique envers ce tableau précisément, était-il nécessaire d’en faire tout ce tapage ?
Lorsque Picasso offrit au public son « Guernica » c’était aussi pour dénoncer les exactions d’une période sombre de l’Espagne. De quel droit tairions-nous les quelques textes ou dessins récupérés, en leurs temps, des camps de concentration, ou encore l’extermination des habitants d’Oradour s/Glane en 45… MC