Les équipes de la sous-ministre de l’Économie sociale et solidaire ont eu chaud !
Il s’en est fallu d’un cheveu pour que la romance entre Marlène Schiappa et Matthias Savignac, le président de la Mutuelle générale de l’Éducation nationale (MGEN), ne tourne au conflit d’intérêts. Mais, grâce aux « révélations » de « Paris Match » (1/3), l’idylle a été officialisée à temps. Elisabeth Borne a récupéré, par décret, tous les dossiers liés aux groupes mutualistes. C’est le douzième déport d’un membre du gouvernement confronté à ce genre de cas de conscience…
Un premier indice de la nouvelle passion mutualiste de Marlène Schiappa est apparu sur les réseaux sociaux dès le 7 septembre, à l’occasion du 43e Congrès de la Fédération nationale de la Mutualité française, à Marseille. A la surprise de nombreux intervenants, l’ambitieuse Marcheuse s’est lancée dans un panégyrique de l’engagement du Groupe VYV, structure qui englobe notamment la MGEN, dans sa lutte contre les déserts médicaux.
Assurance sans risques
Trois mois plus tard, la sous-ministre, en goguette à l’ONU avec une délégation française composée de dirigeants de coopératives et d’associations, publie sur son compte Twitter une vidéo et une photo du patron de la MGEN. Lequel vante les avancées de son groupe en matière de développement durable et solidaire. Chabadabada…
Mi-février, Schiappa se lâche. « Premier acteur mutualiste de santé et de protection sociale, le Groupe VYV accompagne tout un chacun au travers de grands événements de la vie », s’extasie-t-elle sur le réseau professionnel Linkedln.
« Qu’un ministre s’engage à ce point pour une mutuelle nous semblait choquant, s’indigne un assureur. Surtout à quelques mois de l’entrée en vigueur d’une réforme qui va bouleverser le marché d’une manière inédite et où certaines mutuelles jouent leur survie ! » Quelle réforme ? A partir de 2023-2024, les ministères ne désigneront plus les mutuelles assurant leurs fonctionnaires mais devront procéder par appel d’offres. La MGEN, qui compte plus de 4,2 millions de clients et réalise un chiffre d’affaires de 2,9 milliards d’euros, implantée dans ses fiefs historiques (éducation, culture, sports, affaires sociales, transition écologique), visera davantage. Hélas, elle a perdu sa lobbyiste de choc !
Article signé des initiales O. B. – K. Le Canard enchaîné. 22/03/2023