Dérives policières…

… la France montrée du doigt dans le monde entier

Tant de réprobations contre les services de police ne peuvent laisser indifférent. Pourquoi, les diverses informations diffusées par les médias s’abstiennent de citer ces sources contestant la répression policière de ces manifestations ? Macron-Darmanin entendent-ils dissuader par la violence policière, les protestations populaires ayant pour origines des décisions arbitraires ? MC


Dans Le Monde du 28/03/2023, la Défenseure des droits Claire Hédon indiquait que ses services avaient reçu, lundi matin, « soixante-cinq saisines depuis le début du mouvement. Dont une cinquantaine dans les dix derniers jours ». Un bilan qui n’incluait pas les éventuels signalements qui pourraient lui parvenir après les violences qui marqué la manifestation contre les bassines qui s’est tenu samedi à Sainte-Soline.

« C’est beaucoup et je suis très inquiète, poursuit Claire Hédon. Nous sommes saisis par des personnes qui se disent victimes ou témoins de privation de liberté dans les nasses, de violences, d’interpellations suivies de garde-à-vue… ».

Tout en refusant de se prononcer, avant d’avoir mené son enquête, sur le caractère abusif du recours à la force par la police, la Défenseure des droit se dit « toutefois choquée des vidéos qui circulent et, sur l’ensemble des saisines, il faudra étudier la proportionnalité ».

Concernant les violences de Sainte-Soline, un collectif d’ONG ayant envoyé sur le terrain des « observatoires » a diffusé un premier bilan du week-end de violences ayant fait plus de 200 blessés, dont 40 dans un état grave, parmi les manifestants et les manifestantes venues s’opposer au projet de mégabassines voulu par le gouvernement.

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Ces nouvelles scènes de violences arrivent alors que, depuis l’ouverture de la crise politique par l’usage de l’article 49 alinéa 3 par le gouvernement, les appels se multiplient pour demander au gouvernement de mieux encadrer les opérations de maintien de l’ordre et de garantir la liberté de manifester des citoyen·nes. Des appels émanant de la société civile mais également d’institutions, en France et à l’international.

Dès le lundi 20 mars, le rapporteur spéciale des Nations unies pour la liberté de réunion, Clément Voulé, faisait part de ses préoccupations à la vue des premières manifestations contre la réforme des retraites après le déclenchement de l’article 49 alinéa 3.

Vendredi dernier, c’est la commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Dunja Mijatović, qui publiait un communiqué s’inquiétant de l’évolution de la situation en France.

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En conséquence, la Défenseure rappelait ses recommandations prévoyant, notamment, d’« encadrer strictement les contrôles d’identité, les fouilles et filtrages », de limiter le recours à la technique dite de la « nasse » à un usage nécessaire et proportionné, et de « recentrer le maintien de l’ordre sur la mission de police administrative de prévention et d’encadrement de l’exercice de la liberté de manifester, dans une approche d’apaisement et de protection des libertés individuelles ».

La CNCDH se disait quant à elle, dans un communiqué diffusé jeudi 23 mars, « très préoccupée par certains agissements des forces de l’ordre observés » depuis l’activation de l’article 49 alinéa 3. « La multiplication des violences policières captées par des téléphones portables et diffusées sur les réseaux sociaux démultiplie leur impact sur la population et jette le discrédit sur l’ensemble des forces de l’ordre soumis à un devoir d’exemplarité », écrivait la commission.

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Le même jour, la LDH et la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) publiaient un communiqué commun appelant « à l’arrêt immédiat des violences policières et à la reprise d’un débat démocratique serein dans le respect des principes constitutionnels ».

La veille, c’est Amnesty International qui dénonçait « un recours excessif à la force et aux arrestations abusives ». Dans son communiqué, l’ONG listait les manquements constatés : « utilisation abusive des matraques », « utilisation abusive des lacrymogènes », « utilisation abusive de grenades de désencerclement » et « arrestations abusives ».

Du côté des organisations professionnelles du secteur de la justice, le Syndicat de la magistrature (SM) a dénoncé, lundi 20 mars, la multiplication des arrestations et des placements en garde à vue. Dans son communiqué, le SM appelait ses membres « à refuser de donner un vernis judiciaire à des opérations de police qui ne sont plus au service de la protection de la population mais de sa répression ».

Le même jour, le Syndicat des avocats de France (SAF) appelait également les « magistrats saisis de ces affaires de faire preuve d’indépendance et de responsabilité, et de ne pas tomber dans une répression judiciaire disproportionnée qui viendrait s’ajouter à celle policière ».


Jérôme Hourdeaux. Mediapart. Source (extraits)


Une réflexion sur “Dérives policières…

  1. bernarddominik 28/03/2023 / 15h32

    C’est une tradition française, rappelez vous les morts de Charonne à Paris. Chez nous la police est rarement inquiétée, ce n’est pas pire qu’aux usa mais on y va…

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