… du fisc dans la somptueuse succession Claude Berri
Les Impôts ont oublié de réclamer 12 millions dus par les héritiers pour avoir sous-évalué la collection d’art de leur père. Toutes les procédures judiciaires risquent de tomber.
Quelle maladresse !
L’administration fiscale française a raté l’échéance pour récupérer 12 millions d’euros de redressement fiscal. La Direction nationale des vérifications de situations fiscales, qui surveille les personnalités dites « sensibles », avait jusqu’au 31 décembre 2022 pour réclamer un paiement aux deux fils du cinéaste et producteur Claude Berri, décédé il y a quatorze ans.
Retour sur cette saga à rebondissements… Claude Berri, connu pour avoir réalisé « Tchao Pantin » et produit « Bienvenue chez les Ch’tis », est décédé le 12 janvier 2009.
Après son décès, sa remarquable collection d’œuvres d’art (comprenant des pièces de Picasso, Brancusi, Picabia, Fontana…) estimée à 64 millions d’euros par un commissaire-priseur, a été partagée.
Tout semblait en ordre, jusqu’à ce qu’en 2015, Thomas Langmann découvre chez son demi-frère une table de Giacometti qui n’avait pas été incluse dans la succession. Convaincu d’avoir été lésé, il dépose plainte le 18 novembre 2016 pour « abus de confiance ».
Les enquêteurs de la brigade de répression de la délinquance astucieuse sont stupéfaits : « Pas moins de 347 œuvres d’art auraient été omises de la succession. »
Après plusieurs perquisitions chez Nathalie Rheims, Darius Langmann et sa mère, Sylvie Gautrelet (la seconde épouse de Claude Berri), 84 pièces non répertoriées dans l’inventaire de succession sont retrouvées. C’est alors que le fisc intervient.
En se basant sur les éléments découverts lors de la procédure judiciaire, il estime à 16,4 millions d’euros la valeur des œuvres non déclarées dans la succession.
Le 24 décembre 2019, une rectification est adressée aux deux fils héritiers, accompagnée d’une majoration de 40 % pour « manquement délibéré ». Bien que Thomas Langmann n’ait pas été informé de cette dissimulation, il se retrouve malgré tout impliqué dans cette sous-déclaration fiscale.
Le 18 janvier 2022, la cour d’appel de Paris décide que « 434 œuvres susceptibles d’avoir appartenu à Claude Langmann (le vrai nom de Claude Berri) au moment de son décès ne figuraient pas dans la succession lors du partage ».
Ce même jour, les agents de la Dnef informent le procureur de la République de Paris, conformément à l’article 40 du Code de procédure pénale. Dans leur rapport, ils mentionnent les membres de la famille ainsi que les experts Marc Blondeau (un ami de Claude Berri, chargé de l’inventaire successoral), François de Ricqlès (alors président de Christie’s France, désigné commissaire-priseur pour l’estimation de la collection Berri), et Me Marc Cagniart, le notaire en charge de la succession.
Les enquêteurs de la Dnef soupçonnent ces personnes d’avoir « orchestré des manœuvres qui auraient faussé l’évaluation successorale, trompant ainsi le fisc ».
Circule sur internet – Réseaux sociaux.