Amants touchés par l’aube

L’éclair du feu d’amour a dévasté la chambre
Et l’incendie s’est réfugié dans la maison
Comme un chat comme un violon il miaule
Dehors pour le nier un pic rocheux de neige

L’homme et la femme ensemble ont froid devant l’amour
Le pain d’amour est sur leur table, son blé pousse
C’est ardemment qu’il pousse aux rives de leur corps
La vulve de leur coeur contre leur coeur serrée

Bientôt de leur blessure une rose va naître
Leurs deux corps sont compacts et les serrures ouvertes
Ils dorment avec ténuité dans des valises
Et tous les ports ont hissé les couleurs
Leur mer intime est de genoux, d’écume et d’îles
Les nations les saluent par un tambour lointain
Ravivant leurs deux corps leur vif écorchement
Avec de grands bouquets de dahlias menstruels
Pour protéger l’acte précis qui les déchire
Reflétés dans l’arc-en-ciel des vitres


Salah Stétié


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