Election présidentielle, vue de New York.

« Signe des temps, à la différence de 1962, le rendez-vous quinquennal de 2022 ne fait plus l’objet que d’entrefilets dans la presse américaine ». Anastasia Colosimo.

[…] « Quand on vit à New York et qu’on veut prendre des nouvelles de Paris, mieux vaut déambuler sur Internet qu’arpenter Manhattan. Consulter les index des sites que scruter les étals des kiosquiers. Et aller au rayon archives plutôt qu’au département actualités.

Pour trouver du contenu et du commentaire sur le sujet, il faut remonter le temps. Revenir en 1962, l’année où Charles de Gaulle met fin à la guerre d’Algérie, fonde véritablement la Ve République en convoquant le référendum sur l’élection du chef de l’État au suffrage universel, et exerce la présidence du Conseil européen.

C’était il y a soixante ans. Les grands titres étaient alors au rendez-vous, The New York Times et The Washington Post, Time Magazine et Newsweek, plus une flopée d’autres, du Wall Street Journal à Vogue sans oublier le très évangélique Christianity Today. Tous consacraient unes, éditos, reportages à la situation hexagonale. Traitées avec plus ou moins d’aménité, les mêmes questions se répétaient.

Vue des USA, la France questionne…

  • La France est-elle une authentique démocratie ?
  • Ne dérive-t-elle pas vers une sorte d’autoritarisme monarchique ?
  • Est-elle capable de réformer son économie, de maîtriser ses dépenses publiques, de compenser son déficit ?
  • Ne risque-t-elle pas de s’écrouler sous les mécontentements et les soulèvements ?
  • Peut-elle rivaliser avec l’Angleterre et l’Allemagne ?
  • Croit-elle vraiment en l’Europe ?
  • Combien son héritage colonial pèse-t-il sur ses grands équilibres ?
  • Que compte-t-elle faire de son lien complexe au monde arabo-musulman ?
  • Se veut-elle indépendante à tout prix ou se range-t-elle dans le camp occidental ?
  • En bref, si la France a un glorieux passé, ne doit-elle pas se préparer à un médiocre avenir ?

Ce sont les thèmes que reprend aujourd’hui la presse américaine. […] Signe des temps, à la différence de 1962, le rendez-vous quinquennal de 2022 ne fait plus l’objet que d’entrefilets. Inutile de compter sur l’affection des Américains pour combler la propre désaffection des Français. Et bonjour tristesse ! 


Anastasia Colosimo est diplômée en droit et philosophie et détient un doctorat en science politique de Sciences Po Paris. Elle habite depuis 2019 à New York.


Télérama – Source(Extraits)


4 réflexions sur “Election présidentielle, vue de New York.

  1. bernarddominik 01/03/2022 / 18h05

    Les américains se posent les vraies questions et malheureusement la réponse est plutôt triste.

  2. luc enmeth 01/03/2022 / 18h55

    C’en est à se demander, ce qu’on leur apprend à Sciences-Po…
    La comparaison entre 1962 et 2002 n’a déjà en soi pas beaucoup de sens, dans la mesure où il y avait alors aux USA un enjeu -et même un questionnement- permanent, qui n’est ici abordé que très marginalement : jusqu’où, irait de Gaulle, dans ses velléités ou intentions réelles de prise de distances ?
    La conclusion concernant 2022 n’est pas non plus très probante : ce peut très bien être au nom d’un regard voire d’une affection restée -relativement- inchangés, que ceux et celles des Américains qui sont attachés à la France se désintéressent de la mascarade (au résultat à leurs yeux, connu d’avance) que constitue cette consultation.
    C’est une erreur aussi que de considérer comme destiné à la seule France un désintérêt apparent mais qui concerne aussi bien d’autres pays européens, vu le nombre croissant de décisions qui sont prises à cet échelon
    Enfin il n’y a pas cette fois l’attrait du « nouveau » qu’aurait pu constituer Zemmour, vu qu’ils ont déjà donné avecTrump, et que même sur le terrain franco-français ils n’ont pas oublié la montée de Le Pen dans les années 1980

    • Libres jugements 01/03/2022 / 21h14

      Luc, bien que j’ai eu beaucoup de mal à la lecture de cet article qui (pour ma part) est peu étayé, peut-être même pas assez réfléchit.
      Il en reste qu’au nom du pluralisme de l’info, j’ai en définitive jugé qu’il fallait informer.
      Cordialement,
      Michel

  3. luc 02/03/2022 / 10h33

    Bonjour Michel,
    Pour sûr c’est une bonne chose de l’avoir affiché, et on voit mal qui pourrait te le reprocher, mieux vaut parfois des choses avec lesquelles on est en large désaccord mais qui font réfléchir ! En plus de ça il ne s’agit que de bavardage journalistique mais il n’y a rien là de… scandaleux.
    Cordialement
    Luc

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