Le gouvernement souhaite que, d’ici à 2024, tous les imams soient formés en France, dans le respect des valeurs de la république. Un cursus labellisé par l’État, comme en Allemagne, est-il la voie à suivre ?
Comme souvent à distance, pandémie oblige, le cours tarde à démarrer.
Les étudiants bavardent pendant que leur professeure s’efforce de déjouer les pièges de l’univers numérique. Ils et elles sont une vingtaine, inscrits pour deux ans à l’Islamkolleg Deutschland (IKD), une formation publique née l’année dernière en Allemagne.
Diplômés d’une licence de théologie islamique, ils se destinent à être enseignants en religion, aumôniers ou imams.
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Outre le travail social, ces étudiants suivent un programme dense : récitation du Coran, construction du discours pour apprendre à écrire un sermon, éducation politique et juridique allemande, et cours sur les questions religieuses courantes. Le tout en allemand.
Ils sont les premiers à suivre l’enseignement de l’Islamkolleg, installé à Osnabrück, dans le nord-ouest du pays, à quelque 150 kilomètres de la mer du Nord. Le programme est financé pour cinq ans par le ministère fédéral de l’Intérieur et le ministère des Sciences et de la Culture de Basse-Saxe. […]
L’Islamkolleg d’Osnabrück, s’il est financé par l’État, a été créé par des théologiens et cinq associations musulmanes. Une coopération essentielle, souligne le sociologue Rauf Ceylan, qui enseigne la recherche islamique contemporaine et a travaillé sur le quotidien des imams en Allemagne.
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En Allemagne comme un peu partout sur le continent, la relocalisation de la formation des imams, et leur compatibilité avec les valeurs européennes, croise l’enjeu sécuritaire de la prévention de la radicalisation. Au point d’être affichée comme une priorité politique. En France, début octobre 2020, Emmanuel Macron annonçait la labellisation d’un cursus par le Conseil français du culte musulman « d’ici à six mois au plus tard».
Depuis, le CFCM s’est déchiré autour de la Charte des principes de l’islam de France, et a été déclaré « mort » par Gérald Darmanin ; le projet doit être relancé par le tout nouveau Forum de l’islam de France (Forif). Et le temps presse : la France s’est donné une date butoir, 2024, pour sonner la fin des imams « détachés » (dépêchés de l’étranger).
Outre-Rhin, la machine est enclenchée depuis plus de dix ans: le sujet est l’une des préoccupations de la Conférence islamique allemande (IKD), créée en 2006 à l’initiative du ministère de l’Intérieur.
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Objectif : former un personnel religieux hautement qualifié. Et c’est pour compléter ces cursus jugés trop théoriques que le gouvernement, via la Conférence islamique allemande, finance désormais le nouveau programme pratique de l’IKD d’Osnabrück, 4,3 millions d’euros sur cinq ans.
En espérant que de cet Islamkolleg sortent vraiment des imams… Car pour l’instant, en plus de dix ans, la plupart des étudiants diplômés des instituts théologiques universitaires sont en fait devenus… professeurs de religion dans le milieu scolaire.
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Les fédérations turques, notamment, ont refusé de s’associer à l’expérimentation; la principale, le Ditib, a même préféré ouvrir, quasiment au même moment, sa propre école germanophone sur le sol allemand. « Nous devons être vigilants sur le fait que les contenus des cours ne soient pas influencés par ceux qui les financent», prévient la députée écologiste Lamya Kaddor, membre du conseil scientifique de l’Islamkolleg. Islamologue, elle est coautrice d’un livre de pédagogie musulmane en allemand et a fondé en 2010 la Fédération libérale-islamique.
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Élise Racque. Source Télérama (Courts extraits). Titre original : « L’école modèle des imams ? N° 3760 – 02/02/2022.
Bonjour Michel, moi, je ne suis pas d’accord, chacun est libre de sa religion ou d’être athée, mais le gouvernement n’a pas à s’en mêler
amicalement,
MTH
Bonjour Marie,
Je te comprends et approuve ce que tu dis, et ce, pas uniquement pour la liberté de pratiquer le culte voulu, mais aussi pour qu’il n’y ait pas d’interférence de quelque gouvernement qu’ils soient, envers une contrainte, des obligations, dictées par un culte (d’état) ou tous les cultes.
J’ai posté cet article au nom du droit à l’information plurielle. Je suis bien conscient qu’en souhaitant réglementer à la manière de l’Allemagne, le culte islamique, le gouvernement surfe sur la vague islamophobe du moment (n’oublions pas que nous sommes en période électorale), celle qui est mise en avant par une certaine droite, surtout l’extrême droite, incarnée entre autres par un Pécresse, Zemmour et Le Pen.
En résumé, notamment moi l’athée de service, je refuse toute ingérence gouvernementale sur les cultes tout comme je suis intransigeant, combatif, envers les médias tant qu’ils continueront à ne diffuser, relayer qu’une forme de pensée.
Amitiés
Michel
Bonjour Michel,
Bien d’accord avec toi j’ajoute qu’il n’y a pas que les athées, qui sont de cet avis. A l’époque où en France s’était trouvée posée la question de la séparation de l’Eglise et de l’Etat, des croyants qui n’étaient ni des mous du bulbe ni des bas-du-front avaient estimé que « chacun doit rester à sa place »…
Et les séminaristes ?
On pourrait les enseigner à la pédopsychologie, débloquer des subventions…
On a déjà essayé, l’ingérence ne marche pas.
D’une religion pervertie renaît en schisme une plus fondamentale.
Merci pour ce commentaire rempli d’humour.
Amitiés,
Michel