Contrôle et verbalisations de parlementaires.

Les faits selon… différents médias.

Version Le HuffPost Source (Extrait)

La préfecture de police estime être dans son droit. Alors que plusieurs parlementaires se sont indignés d’avoir été verbalisés mercredi 7 avril 2021 lors d’une manifestation devant l’Assemblée nationale, l’institution policière a justifié son intervention. 

Mercredi après-midi, le député Insoumis Loïc Prud’hommes a été momentanément empêché de regagner le Palais Bourbon tandis que d’autres, y compris de la majorité ont été verbalisés pour avoir rejoint de jeunes militants pour le climat, réunis aux abords de l’Assemblée. 

Au total, l’identité d’une demi-douzaine de députés présents a été relevée en vue d’une amende, jugée incompréhensible. Le député Agir Jean-Charles Larsonneur, verbalisé comme ses collègues Annie Chapelier et Dimitri Houbron, a déclaré avoir demandé des explications au ministre de l’Intérieur.  

Mais les explications sont venues dans un premier temps de la préfecture de police elle-même. Sur « Twitter » dans la soirée, l’institution placée sous l’autorité de Didier Lallement a estimé que la verbalisation était justifiée en raison de l’interdiction signifiée de la manifestation.

Et de souligner pour sa défense « qu’à aucun moment » les élus verbalisés « n’ont fait état de leur qualité ». Une façon de se prémunir des accusations d’anti-constitutionnalité formulée par les députés Insoumis; cependant ces derniers évoquaient non pas les verbalisations mais l’épisode survenu avec Loïc Prud’homme qui avait bien signalé son statut.


Ferrand interpelle le préfet Lallement …

Le Figaro – Source (Extrait)

Il réclame des «éléments d’éclairage». Richard Ferrand a pris la plume jeudi pour demander des explications au préfet de police de Paris, Didier Lallement, après la verbalisation de plusieurs députés mercredi en marge d’un rassemblement pour le climat, à côté de l’Assemblée nationale.

« De nombreux parlementaires manifestent leur émotion et me demandent des explications », a écrit le président de l’Assemblée nationale.


La version du député Loïc Prud’homme

Emilio Meslet – L’humanité – (Source extrait)

Loïc Prud’homme Je suis arrivé vers 14 h 15, place du Président-Édouard-Herriot, où les jeunes sont rassemblés depuis dix jours pour suivre l’examen de la loi climat. Sont déjà sur place les députés du groupe socialiste Guillaume Garot et Boris Vallaud. Au bout de cinq minutes, deux personnes disant appartenir à la préfecture de police de Paris arrivent et demandent à voir les responsables de la manifestation. Deux compagnies de CRS entourent la place. Trois députés de la majorité (Dimitri Houbron, Annie Chapelier et Jean-Charles Larsonneur, du groupe Agir – NDLR) arrivent.

Les messieurs de la préfecture relèvent les identités de tout le monde, y compris de ma collaboratrice parlementaire. Je rappelle notamment à ces gens que la Constitution protège les manifestations revendicatives, même sous Covid. Vers 14 h 45, alors qu’ils décident de verbaliser tout le monde, je dois rejoindre la séance dans l’Hémicycle. Je ne marche pas vite car j’ai en ce moment une béquille, mais je m’en vais vers l’Assemblée.

  • À cet instant, comme on peut le voir sur la vidéo, des policiers vous bloquent le passage, notamment en vous retenant par le bras.

Loïc Prud’homme Oui, on m’empêche de rejoindre la séance et on me demande mon identité. Je leur présente ma carte de député. Mais ils ne m’empêchent pas seulement de passer : un agent me retient physiquement à plusieurs reprises. À plusieurs moments, tout en gardant au maximum mon calme, je lui dis : « Ne me poussez pas, lâchez-moi. »

  • L’espace d’un instant, on vous a imaginé crier : « La République, c’est moi ! »…

Loïc Prud’homme J’ai hésité, j’ai hésité… (rires) Sur la vidéo, on voit un homme me dire « je suis policier » et je réponds « je suis parlementaire ». Ces gens-là ne font plus la différence entre un élu de la République et un fonctionnaire de l’État. Ce qui veut dire à peu près la même chose, mais avec d’autres mots et une autre façon de le dire que ce qu’avait dit Jean-Luc Mélenchon.

  • Sur cette vidéo, on entend un policier vous demander votre carte de député. Vous la lui tendez mais la retirez lorsqu’il essaie de la saisir. Pourquoi ?

Loïc Prud’homme J’ai déjà eu une aventure malheureuse avec les policiers du lorsqu’il était en poste à Bordeaux (en mars 2019, il a été blessé à l’oreille par un coup de matraque donné par un policier lors d’une manifestation de gilets jaunes – NDLR). Mon badge est mon bien le plus précieux pour justifier de mon identité. Alors je ne le remets à personne. Je le présente à la personne de la préfecture, mais je ne le lui remets pas. On l’entend lire à haute voix mon nom et mon prénom. J’avais aussi mon écharpe dans l’autre main. Ils ont été contraints de me laisser sortir car j’ai invoqué l’ article 26 de la Constitution qui ne leur permet pas de me retenir. Ils ont donc fini par me laisser passer, mais il a fallu que je fasse valoir mes droits.