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À celles ou ceux qui ont trop longtemps écouté le diktat éducatif de Françoise Dolto, une piqûre de rappel… MC

A la fin des années 70, la célèbre psychanalyste et pédiatre tenait sur l’inceste et le viol des propos pour le moins singuliers.

Le 17 décembre 2019, France 2 diffuse un documentaire consacré à Françoise Dolto, célèbre pédiatre et psychanalyste. Titré « Au nom de l’enfant », il souligne le rôle qu’a joué cette disciple de Jacques Lacan dans l’évolution du regard porté par les psychothérapeutes sur l’enfant et son éducation. Mais « Au nom de l’enfant » ignore les propos pour le moins stupéfiants que la même Dolto, dans une longue interview et dans un livre, a tenus sur les femmes battues, la pédophilie et l’inceste.

Le florilège qui suit est extrait d’un entretien paru en novembre 1979 dans le numéro 44 du journal féministe de Gisèle Halimi « Choisir la cause des femmes ». Pour une bonne part, les « thèses » développées dans cette interview ont été reprises dans l’ouvrage « L’Enfant, le Juge et la Psychanalyste », publié chez Gallimard en 1999, accompagnées de cet exergue : « Ce livre est le dialogue intense, exemplaire, d’un juge d’enfants et d’une psychanalyste. »

Exemplaire ?

Ça se discute…


Les femmes battues

Françoise Dolto : [En] attendant que les mentalités changent, les maisons pour femmes battues sont utiles. Mais, à mon avis, cela ne résout rien. (…) J’ai vu une de ces femmes, absolument perdue, incapable de trouver à s’occuper, même de ses enfants qui sont avec elle, complètement soumise à une assistante sociale du lieu (une maison pour femmes que Françoise Dolto a visitée).

On comprend qu’un homme marié à une telle femme qui attendait d’elle qu’elle fasse ce qu’elle avait à faire en vienne à lui taper dessus, en espérant la faire changer. Or elle est incapable de changer, c’est une infirme. Et il y en a d’autres dans son cas.

  • Question. : [Vous] semblez justifier le fait que l’enfant et la femme soient battus par quelqu’un de plus fort.

F. D. : Je ne justifie rien ! Mais je dis que c’est le mari qui doit être aidé et non la femme battue. Il faut dire au mari : « Vous ne pouvez pas vivre avec cette femme. » Elles sont incapables d’entreprendre quoi que ce soit. Elles « poissent » leur mari mais ne font rien pour eux.

  • Q. : Vous ne pensez pas qu’il y a des enfants battus qui souhaitent ne pas l’être, de même qu’il y a des femmes battues qui aimeraient d’autres relations ?

F. D. : La preuve que non, c’est que, lorsque l’on sépare un enfant de ses parents maltraitants, celui-ci se meurt de chagrin. De même, la femme battue, réfugiée dans ces maisons d’accueil, veut revoir son mari. Encore une fois, les coups ne veulent pas dire absence d’amour (…).

  • Q. : Alors, concrètement, si un enfant nous dit : « Je suis battu », que faut-il faire ?

R D. : Il faut lui dire : « Ne le cherches-tu pas ? Ne veux-tu pas faire des histoires avec tes parents ? » C’est l’enfant qui trouve la solution (…).

L’inceste, le viol

François Dolto : Dans l’inceste père-fille, la fille adore son père et est très contente de pouvoir narguer sa mère ! (…)

  • Question : Donc la petite fille est toujours consentante ?

F. D.: Tout à fait.

  • Q. : Mais, enfin, il y a bien des cas de viol ?

F. D. : Il n’y a pas de viol du tout. Elles sont consentantes.

  • Q. : Quand une fille vient vous voir et qu’elle vous raconte que, dans son enfance, son père a coïté avec elle et qu’elle l’a ressenti comme un viol, que lui répondez-vous ?

F. D. : Elle ne l’a pas ressenti comme un viol. Elle a simplement compris que son père l’aimait et qu’il se consolait avec elle, parce que sa femme ne voulait pas faire l’amour avec lui. (…)

  • Q. : D’après vous, il n’y a pas de père vicieux et pervers ?

R D. : Il suffit que la fille refuse de coucher avec lui, en disant que cela ne se fait pas, pour qu’il la laisse tranquille.

On se pince.

Dessin d’Aurel – « L’Année Canard 2020 »

Article non signé est paru dans le hors série « L’Année Canard 2020 » N° 158