Un vrai funambule. Depuis les attentats du 13 novembre, Nicolas Sarkozy n’en finit plus de changer de registre pour tenter d’être audible face à un exécutif en action et une extrême droite en position de force.
Après avoir attaqué François Hollande dans les jours qui ont suivi les attentats, et s’être vu reprocher de ne pas respecter l’unité nationale, le président du parti Les Républicains (LR) avait décidé de prendre la hauteur.
Ton grave, discours mesuré sans critiques frontales contre son successeur… M. Sarkozy avait revêtu ses habits d’ex-chef de l’État, le 25 novembre, lors d’un meeting à Schiltigheim (Bas-Rhin), en soulignant : « J’ai été président de la République. Je connais la lourdeur de la charge quand surgit le drame. »
Cinq jours plus tard, retour à la case départ. M. Sarkozy a remis sa casquette de chef de l’opposition lundi 30 novembre, lors d’un meeting à Rouen en soutien à Hervé Morin, tête de liste de la droite et du centre en Normandie aux élections régionales. A six jours du premier tour, le président de LR a tenté de mobiliser son camp en s’en prenant de nouveau à l’exécutif.
Une fois encore, il a accusé M. Hollande de « n’avoir rien fait »en matière de sécurité depuis les attentats de janvier. A contre-courant « Pourquoi on n’a pas fait les perquisitions avant, alors qu’on avait les adresses ? » « Pourquoi ce qu’on proposait hier a été balayé et devient possible aujourd’hui ? », a-t-il demandé devant près de 1 000 personnes.
Alors que M. Hollande a repris à son compte l’essentiel de l’arsenal sécuritaire de la droite, M. Sarkozy lui a demandé d’aller « plus loin, »en créant notamment des « centres de déradicalisation » ou en mettant « en œuvre le délit de consultations de sites djihadistes. » Un ton polémique assumé, au risque de se retrouver à contre-courant : ses critiques surviennent au premier jour de la COP21, à Paris, lors duquel plus de 150 dirigeants étrangers ont affirmé leur engagement sur le climat. Mais M. Sarkozy n’en a cure. Focalisé sur l’enjeu des régionales, il ne peut s’empêcher de porter le fer contre son successeur. Et encore, il fait preuve d’une certaine modération en public.
Car en privé, l’ex-président ne décolère pas contre son probable rival pour 2017, à qui il reproche tout ou presque. Persuadé que M. Hollande a joué une partition politique pour piéger la droite dans la séquence post-attentats, M. Sarkozy n’a pas supporté qu’il ne l’informe pas, lors de leur rencontre à l’Élysée, deux jours après les attaques terroristes, de son projet de réformer la Constitution alors qu’il allait l’annoncer le lendemain. Il n’a pas digéré non plus qu’il se soit permis de critiquer la suppression de plus de 10 000 postes dans les forces de sécurité entre 2007 et 2012, lors de son discours devant le Congrès.
Autre motif d’agacement : la date de l’hommage national rendu aux victimes. M. Sarkozy est persuadé que M. Hollande l’a programmé le plus tard possible pour escamoter la campagne. S’il se montre impitoyable à l’égard de la gauche, le président de LR n’oublie pas pour autant de livrer bataille sur son flanc droit.
Car la menace est sérieuse : le FN progresse dans les sondages depuis les attentats et risque de contrarier les espoirs de vague bleue de la droite aux régionales. Pour tenter de retenir ses électeurs, sensibles aux arguments de l’extrême droite, M. Sarkozy a repris ses thèmes phares de 2012, en glorifiant » les valeurs chrétiennes de la France « , » l’identité nationale » ou le concept de » frontière « . » Je ne veux pas que la France devienne une société multiculturelle, car je ne veux pas du communautarisme « , a-t-il tranché. Avant de ressortir son slogan des départementales : » Chaque voix que vous donnerez au FN servira la gauche. «
Goar Matthieu, Le Monde – Source
qu’est ce qu’il ne faut pas faire pour exister politiquement, ce balai politique agace…
C’est surtout l’esprit girouette du bonhomme entendant dominer de sa haute stature, la France et l’Europe. Bien qu’absolument pas admirateur d’Alain Jupé mais il faut lui reconnaitre une autre stature. Reste que cette droite pas plus que son collatérale parti l’extrême droite ne sont ma tasse de thé… d’ailleurs j’prends du café!
Comment s’étonner que les français désertent les bureaux de vote lorsque les politiques font de la com’ au lieu de faire de la politique…
Ce n’ est pas parce qu’il y a un chefaillon girouette dans un parti, de plus ci devant magouilleur poursuivi par de nombreuses instructions judiciaires; qu’il faut se détourner du droit le plus démocratique accordé aux Françaises et Français, qu’est le vote électoral. S’abstenir c’est s’en remettre aux diktats du parti « gagnant » de la minorité s’étant rendue aux urnes.