Rachida. En déplacement !

Rachida Dati, « reine de l’absentéisme au Conseil municipal de Paris », comme le soulignent divers élus de la capitale (« Le Parisien », 21/2) ?

Une virtuose du dédoublement, plutôt ! Car, si la maire du Ve arrondissement n’a parfois affiché qu’une présence symbolique aux séances du Conseil, c’est qu’elle pointait simultanément à celles du Parlement européen de Strasbourg.

Entre 2014 et 2019, « Le Canard » a compté pas moins de treize exemples de cette fantastique démultiplication.

Lors des trois premières années de son mandat européen (achevé en juillet dernier), Dati a eu de la chance : les deux institutions n’ont quasiment jamais siégé le même jour. Quand ce fut le cas, la députée LR s’est fait porter pâle au Conseil de Paris. Ce qui est arrivé à dix reprises.

A partir de décembre 2017, plusieurs séances plénières se chevauchent. Rachida Dati se transforme alors en véritable championne de l’aller-retour Paris-Strasbourg !

Une attitude que l’élue assume tranquillement. Une petite signature dans le registre du Conseil de Paris à 9 heures du matin, un sprint vers la gare de l’Est, et hop !, deux heures et demie plus tard, on la retrouve dans l’hémicycle de la capitale alsacienne, où les, textes sont votés entre 12 heures et 14 heures… avant de la voir sauter, en fin d’après-midi, dans un train pour Paris.

Quelle santé !

Le 4 juillet 2018, par exemple, Rachida Dati est censée participer au débat sur les conditions de stationnement à Paris. Mais, à Strasbourg, elle adopté un texte contre le mariage forcé. Le 15 novembre 2018, elle est inscrite dans une délibération sur la lutte contre l’exclusion… et se penche, en Alsace, sur les droits et obligations des usagers du train.

Justification de cette frénésie ?

« Si on ne vote pas la moitié des textes à Strasbourg, on risque de perdre une partie de son indemnité », rappelle un ancien eurodéputé. Son traitement mensuel de députée européenne, après écrêtement, s’élevait à 7.956,87 euros brut par mois. Alors que son poste de conseillère de Paris ne lui rapportait que 200,47 euros brut.

Si elle a pointé assidûment à l’assemblée parisienne, c’était donc surtout pour montrer qu’elle était une bonne élue…


Article non signé paru dans Le Canard enchaîné. 26/02/2020


Juste une impression comme ça en passant : sera-t-elle réellement présente si elle est élue à la mairie de Paris ? MC

Et c’est tant mieux …

Que cette clique rabaisse son caquet, sa dépendance au chefaillon jupitérien. Qu’elle entende enfin les revendications de la rue et cela changera sa vision sur les exigences formulées du haut d’une des tours de Brégançon, envers ces lois-consignes imposées. Obligeant la clique soit à une soumission de carpette, soit si elle n’entend plus abuser les gens d’un pouvoir législatif devenant obsolète, à quitter un bateau tanguant de plus en plus. MC

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Élection municipale et fausse démocratie.

De la commune à la région, le pouvoir s’éloigne des citoyens et se concentre dans les mains de quelques édiles. Entretien avec le politiste Rémi Lefebvre, pour mieux cerner les failles démocratiques du système de pouvoir local en France.

En aucun cas, cet article ne doit vous servir d’alibi s’abstenir de voter en mars prochain, pour les élections municipales. MC

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