L’UE, face aux menaces mondiales…

… doit apprendre le langage de la puissance.

La tension entre États-Unis et Europe a connu un paroxysme avec le dossier groenlandais et le sommet de Davos. Un lent changement de posture dans les déclarations, qui cache encore des divisions et un attachement au lien transatlantique de certains États européens.

Federico Santopinto, directeur de recherche à l’Institut de Recherche Internationale et Stratégique (IRIS), expert des relations UE-Otan, était l’invité du podcast « Les Clés », pour analyser les défis de l’Europe face aux empires.

Faible U.E.

Les Européens ont fait mine de montrer leurs muscles, à grand renfort de discours hostiles contre l’allié américain et de menace d’user du « bazooka commercial » pour protéger le territoire arctique, cela ne serait qu’en partie responsable du rétropédalage de Donald Trump, juge Federico Santopinto : « La relative fermeté des Européens a été importante, mais Trump raisonne surtout en termes de vote et d’argent. Le milieu des affaires était très perplexe face à son attitude sur le Groenland, même la big tech américaine lui a mis la pression. Et l’opinion publique s’oppose à son agressivité, chez les républicains MAGA aussi. Si Trump voit qu’il va perdre des électeurs, et que le milieu du business perd de l’argent, il peut faire un pas en arrière« .

L’idée d’une victoire européenne est donc à nuancer, d’autant plus que tous les États membres n’ont pas montré le même zèle que la France ou la Belgique pour dénoncer les velléités états-uniennes, notamment la Hongrie, la République tchèque, l’Italie, ou même l’Allemagne, « qui a montré de la perplexité et certaines ambiguïtés lorsqu’on a évoqué des rétorsions commerciales« .

Une Europe encore faible face à ses dépendances aux États-Unis

Selon l’expert des relations de l’Europe avec l’Otan, cette faiblesse s’explique d’une part par le conflit en Ukraine, « présent dans toutes les négociations avec les États-Unis. Dans les coulisses, l’administration américaine fait planer un chantage sur l’Ukraine« , cette dernière ayant l’assurance que la guerre ne peut s’arrêter sans son appui militaire et ses capacités de renseignement.

D’autre part, pour Federico Santopinto, certains Européens, très atlantistes, auraient du mal « à admettre qu’ils se sont trompés. Les Danois ou les Allemands ne juraient que par l’Alliance atlantique, ils ont souvent critiqué le fait que l’Union européenne développe des dispositions militaires communes. Les Français disent depuis longtemps qu’on ne peut pas compter sur la sécurité d’un tiers à long terme, qui peut arrêter d’être gentils avec nous à un moment. Maintenant, on est face à cette réalité, et beaucoup ont du mal à la regarder« .

Plus d’Union européenne pour garantir la souveraineté du continent

Avec le Groenland, « les Européens semblent avoir pris conscience qu’il faut savoir dire non à Trump« , garde espoir le chercheur de l’IRIS. Pour encore avoir une voix au concert des nations, « il faut que l’Europe devienne un acteur dans le monde et la géopolitique. On doit apprendre le langage de la puissance, être capable de battre les poings sur la table, d’être ferme, d’avoir des outils de rétorsion si on est attaqué« .

Pour cela, Federico Santopinto plaide pour renforcer l’intégration politique européenne, c’est-à-dire que ses États membres délèguent encore des compétences et de la souveraineté au profit de l’Union européenne, sur les sujets de défense ou du commerce par exemple.

Même les nationalistes s’européanisent, paradoxe de ce moment de restructuration des relations internationales : « Ils commencent à comprendre qu’ils vont se faire bouffer par des étrangers, dans leur logique. Jordan Bardella ou Giorgia Meloni commencent à changer leurs discours« .


Propos recueillis par Julien Beauvois. Source (extraits – libre accès)

L’avis de RBLAPLUME

L’Union Européenne n’est qu’une structure commerciale qui n’a pas d’existence politique si ce n’est une dépendance de plus en plus grande envers les États-Unis.
Cette relation de vassalité a grandi au fil des décennies en autre dans les domaines militaires, du numérique et de la recherche.
La guerre en Ukraine, les conflits au Moyen-Orient, les positions diplomatiques en Afrique et les derniers événements en Amérique du Sud ont montré les limites de cette pseudo-puissance « européenne ».
Certains conflits à venir pourraient créer un électrochoc salutaire ou nous rendre encore plus inexistants ?
Qui prendra la tête politique de cette « Europe », la Commission européenne, la France, l’Allemagne, la Pologne, l’Italie, la Grande-Bretagne ….?
Tant que « ce machin » gommera ses rôles sociaux, ses structures démocratiques, et de régulation réelle fiscale, abritant des pays voyous, il y a peu de probabilités que la Citoyenneté européenne émerge des limbes des imprécations et des postures.
De plus, la France, avec son poste de membre permanent du Conseil de sécurité de l’O.N.U, sa force de frappe nucléaire sur le plan militaire et son espace maritime, doit être démantelée. Cette situation géographique et géopolitique empêche les autres nations de franchir le pas de l’intégration fédératrice et émancipatrice ?
Néanmoins, chaque jour, un certain président, portant lunettes de soleil, s’efforce de remplir cette mission de nous soumettre à cette injonction implicite à renoncer à la France.
La dernière péripétie est la vente d’une entreprise du domaine de l’industrie de Guerre à une entreprise américaine.
Il est évident que ce type de vente nous rend un peu plus indépendant de l’Oncle Sam !
Une entreprise de plus passe sous contrôle de notre ami et allié historique, les États-Unis d’Amérique !
Mais soyez tranquille n’ayez pas peur, notre président est pourtant le seul vrai opposant à M. Trump.
Aussi, la cote de popularité de notre aviateur semble prendre une tendance ascendante.
Certains le prennent pour un acteur célèbre ?


Une réflexion sur “L’UE, face aux menaces mondiales…

  1. bernarddominik 30/01/2026 / 15h46

    La première ministre danoise s’est bien gardé de répondre à Léa Salamé sur ses achats d’armes aux USA.
    Son pari est qu’en achetant aux USA, elle amadouera Trump, un pari bien risqué et surtout bien naïf.

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