Gagné, enfin dit Patrick Menais…
Il est vrai qu’il faut savoir-pouvoir attendre pour obtenir le pactole, mais ce jugement montre qu’être un patron autoritaire et milliardaire ne suffit pas à ignorer les lois sociales. MC
Plus de 1,25 million d’euros d’indemnités.
C’est ce que devra verser Canal+ au créateur du célèbre Zapping, Patrick Menais, brutalement débarqué à partir de 2016, et son émission avec.
Presque dix ans de procédures auront été nécessaires pour que le conseil de prud’hommes prononce la nullité de son licenciement, comme l’a révélé Le Monde (contacté, Canal+ n’a pas indiqué s’il ferait appel de la décision).
Patrick Menais avait inventé Le Zapping en 1989 et jouissait pendant vingt-sept ans d’une liberté éditoriale totale sur la chaîne cryptée. Ce que n’avait pas longtemps supporté le nouveau patron, Vincent Bolloré, aux commandes à partir de 2015.
Et pour cause : les zappeurs s’étaient régulièrement payé sa tête, notamment au lendemain d’un portrait de Complément d’enquête, en avril 2016. Virés, Patrick Menais et son équipe avaient relancé le concept sur le service public en janvier 2017 avec Vu (aujourd’hui à 20 heures sur France 5).
Ce qui déclencha une nouvelle guérilla judiciaire : outre son licenciement, le réalisateur a dû affronter une procédure au civil pour abus de confiance (il a été relaxé en février 2023), après que Canal+ l’eut accusé d’avoir volé Le Zapping à son départ. Il avait aussi été poursuivi au pénal pour contrefaçon de marque et abus de confiance, accusations dont il a été définitivement relaxé en février 2025.
Enfin, le groupe Canal+ avait réclamé 44 millions d’euros à France Télévisions pour « reprise parasitaire » de l’émission. Là aussi, en vain.
Richard Sénéjoux. Télérama N° 3965. 07/01/2026