… algorithmique dans les transports
Valérie Pécresse propose la vidéosurveillance algorithmique comme solution à la violence contre les femmes dans les transports, s’appuyant sur des données et des témoignages, après son installation due à la menace terroriste durant les Jeux Olympiques.
La droite sécuritaire souhaite imposer cette surveillance malgré des évaluations peu concluantes et un risque de rejet par le Conseil constitutionnel, avec deux propositions de loi en cours au sujet des violences sexistes et sexuelles en Île-de-France.
Instrumentalisation des VSS
Malheureusement, le consensus qui entoure cette prise de conscience peut aussi être dévoyé, instrumentalisé. Le 16 octobre dernier, une Brésilienne de 26 ans est agressée dans le RER C, en banlieue parisienne. Les rames sont vides, un homme est penché, pantalon retroussé, sur cette femme au visage tuméfié. Marguerite l’interpelle, surprenant l’agresseur. La persécutée en profite pour se redresser et se mettre en sécurité derrière celle qui est intervenue en filmant la scène. L’homme s’enfuira à la station suivante.
Le fameux concept de « continuum de violences », qui permet d’expliquer l’exposition continue des femmes à différentes violences sexuelles tout au long de leur vie, est même détourné en « continuum de sécurité » par l’équipe de V. Pécresse.
« La sécurité des femmes est souvent instrumentalisée pour mettre de la vidéosurveillance », constate Noémie Levain, de la Quadrature du Net, association qui défend les libertés fondamentales menacées par des outils informatiques.
Détecter les « comportements déviants »
La présidente de la région propose dix mesures pour renforcer la sécurité, y compris l’augmentation des brigades privées et une application pour aider les voyageuses. Elle souligne l’importance de la vidéoprotection enrichie pour identifier les comportements déviants, mais un rapport sur les JO remet en question son efficacité, évoquant des performances techniques inégales.
« Ça ne marche pas, analyse Noémie Levain, en raison des nombreux paramétrages nécessaires. S’il pleut, une caméra peut ne rien détecter. Et ce sont les policiers et les constructeurs qui vont entraîner un algorithme pour décider de repérer ce qu’ils veulent détecter. Ce qu’on imagine être un violeur peut être stigmatisant. En fonction des données, des orientations, que l’on utilise pour entraîner l’algorithme, c’est la vision subjective et stéréotypée d’une personne qui va être mise dans la technologie. »
Kareen Janselme. Source (Synthèse – suivre le lien pour voir l’original)
C’est déjà accuser sur des présomptions statistiques. Dangereux pour nos libertés.
Si quelques criminels boivent du pastis, tous les buveurs de pastis deviennent suspects.
Ce système est foncièrement inquiétant.
La surveillance généralisée est le propre d’une société de plus en plus totalitaire.