Paracétamol – Français

C’est un projet à 120 millions d’euros derrière lequel on trouve la construction de l’usine de paracétamol portée par le groupe Seqens (et sa société Novacyl), sur le site chimique des Roches-Roussillon, en Isère rhodanienne.

La genèse du projet remonte à la crise du Covid durant laquelle la France a fait face à une pénurie de paracétamol, qui n’était plus produit qu’en Asie.

Cette unité de production doit être mise en service durant le troisième trimestre 2026. Les ventes seront effectives après les essais de validation, donc pas avant 2027.

Une diminution drastique des gaz à effet de serre

Néanmoins, outre la production, essentielle, de paracétamol, avec 15 000 tonnes par an (la moitié des besoins européens), l’intérêt de cette unité provient du procédé de fabrication particulièrement vertueux.

Par rapport aux procédés mis en place par la concurrence asiatique, chinoise mais aussi indienne, la consommation d’énergie va être divisée par quatre et la réduction de déchets divisée par 20, ce qui correspond à une réduction, en masse, de plus de 95 % des déchets et des effluents, donc à leur quasi-élimination.

En fait, un mécanisme va permettre de régénérer les solvants pour les réemployer et de ne conserver que de très petites quantités de déchets.

Le fait que Seqens a inventé aussi un procédé qui n’utilise presque plus d’eau, contrairement aux unités asiatiques qui en consomment énormément, contribue à cette disparition des effluents et à la fabrication d’un produit plus pur.

Si on entre un peu plus dans les détails, par rapport aux unités asiatiques, la future usine permettra de réduire de 90 % les scopes 1 et 2, qui génèrent les émissions de gaz à effet de serre. Le scope 1 correspond aux émissions directes (gaz, pétrole, charbon qui n’est plus du tout utilisé sur le site chimique depuis trois ans) et le scope 2 aux émissions indirectes, comme l’électricité.

À cela s’ajoute le scope 3, qui sera aussi réduit de 40 % et qui correspond à tout le reste en matière d’émissions (notamment le transport, la logistique et les activités en dehors du contrôle direct du groupe).

« Avec tous ces indicateurs on peut juger de la performance des procédés avec une réduction de l’empreinte carbone qui sera divisée par 10 », souligne Léonard Jacquemet, directeur de projet à Seqens. « Tout cela est le résultat de 18 mois de R & D qui avait commencé de façon confidentielle en 2020 », poursuit-il en rappelant que le groupe s’appuie sur deux piliers : le recours à des clients qui sont aussi des partenaires pour être rentable ; le second étant la nécessité d’innover pour tenir les coûts et optimiser la matière et l’énergie, ainsi que l’empreinte carbone.


Georges Aubry. Dauphiné 12/11/2025


Note : il aurait été préférable de nationaliser cette entreprise pour éviter sa délocalisation, ce qui aurait permis de contrôler les opérations, de protéger les emplois et de réinvestir dans l’économie locale. Cela aurait également renforcé la confiance des travailleurs et réduit la perte de savoir-faire. Enfin, rendre l’entreprise indépendante dans le domaine de la santé aurait apporté une valeur significative. MC


2 réflexions sur “Paracétamol – Français

  1. rené thibaud 05/12/2025 / 16h07

    C’est une bonne nouvelle. Mais je ne comprends pas votre note : il ne me semble pas question de délocalisation. Pourquoi anticiper un mauvais avenir… et hasarder l’idée de nationalisation (qui n’est pas dans « l’adn » de l’État actuellement ?

    • Libres jugements 05/12/2025 / 16h27

      Réponse à R.T.
      Il ne faut pas se faire d’illusion, l’entreprise nouvellement créer (avec l’apport de deniers publics) fera comme bien d’autres; voir d’abord le profit pour ces actionnaires d’où un jour ou l’autre, ces derniers verront d’un « bon œil » la délocalisation ; d’où l’idée que l’apport financier (nos impôts) constitué par diverses sources, l’État, des organismes et les collectivités locales, devrait obliger à nationaliser ce type d’entreprises dirigées sur la santé, pour éviter de se retrouver dans l’impossibilité de répondre rapidement à une épidémie (exp. La Covid, une grippe espagnol, etc.).
      Bien évidemment, ce n’est que ma vision…
      Cordialement
      Michel

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