Mémoire de parents

La petite empreinte

Reviens le brumeux matin des espoirs enivrés.

L’écume parlait à la mer par-dessus. On entendait l’embrun et les cris des oiseaux indélébiles et la main invisible qui les promenait faisait du vent.
Un château tout au bout de la digue, luminescent.

Une pierre brillait en sa hauteur, on aurait dit un miroir très lointain ou une pierre précieuse, très précieuse.
Rappliquant, le chien sur le bord de la plage haletait en trottant, langue pendue comme tous les chiens.

Ah le bord de la mer, on n’y reste pas longtemps mais l’impression est profonde, c’est une empreinte même, comme sur le sable mouillé, mieux que le sceau de l’intaille du plus grand des rois humains.

Une petite empreinte de pied.
De ton pied d’enfant.


Arthur Teboul. Recueil « le Déversoir ». Ed. Seghers


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