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… des élections Municipales 2026 :
la parité bouscule les petites communes

La parité s’impose désormais dans les communes de moins de 1 000 habitants. À partir des élections municipales de 2026, les listes devront respecter une stricte alternance femmes-hommes, et le panachage sera interdit. Une réforme qui, entre volonté d’égalité et réalités locales, divise fortement les élus.

Pour certains, il s’agit d’un progrès attendu ; pour d’autres, d’une véritable contrainte.

L’idée d’une meilleure représentation des femmes n’est pas nouvelle. En 2000 déjà, une loi tendant à favoriser l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives a été promulguée. Malgré les avancées, plus de 320 communes ne comptent encore aucune femme élue et seule 23 % des communes de moins de 1 000 habitants disposent aujourd’hui de conseils proches de la parité, d’après le réseau Élues locales. Résultat, 77 % des 25 000 communes concernées devront revoir la composition de leurs listes.

Une réforme difficile à appliquer pour de nombreux maires ruraux

L’obligation de listes paritaires inquiète particulièrement les élus des petites communes. La principale crainte, réussir à trouver suffisamment de candidates. « Déjà, constituer une liste complète de 11 noms est compliqué. Avec la parité, cela devient presque impossible », déplore Nicolas Montpeyroux, maire de Saint-Avit (Puy-de-Dôme).

La suppression du panachage, pratique profondément ancrée dans les villages, suscite également des inquiétudes. « Les habitants ont l’habitude de rayer des noms ou d’en ajouter. Sans panachage, beaucoup ne viendront plus voter », estime Maurice Lesourd, maire de Lerné (Indre-et-Loire).

Pour faciliter cette transition, une dérogation est possible, elle est réservée aux communes de moins de 1 000 habitants et permet que les listes puissent compter jusqu’à deux noms de moins que les sièges à pourvoir.

Pour certains élus, la contrainte législative est même utile : « Ce n’est jamais idéal de contraindre, mais quand il y a des freins sociologiques ou culturels, un coup de pouce est nécessaire », conclut Didier Huchon, qui compare la situation à la loi sur l’accessibilité, difficile au début, mais devenue une évidence une fois intégrée. « Peut-être que dans cinq ans, nous n’aurons plus besoin de cette loi. »


Synthèse d’un article signé Emma Bador-Fritche. Public-Sénat. Source (Lecture libre)


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