“la stratégie du coup de boule”

« Je pourrais revenir ! » dit tout sourire Rachida Dati en quittant le plateau de CNews, le 20 octobre 2025. « Bien sûr, revenez ! » répond Pascal Praud.
Après le braquage au Louvre, la ministre de la Culture accorde sa première grande interview à l’émission L’heure des pros, diffusée sur CNews et Europe 1.
En direct, les « Je suis d’accord avec vous ! » de Dati se mêlent aux « Vous avez raison ! » de Praud, qui la complimentent : « combattante », « authentique », « excellente maire du 7e arrondissement de Paris ».
En pleine communication de crise après le « casse du siècle », la ministre de 59 ans se sent à l’aise.

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La candidate à la mairie de Paris, Rachida Dati, critique l’audiovisuel public tout en étant soutenue par les médias Bolloré. Lors d’une émission de France 5, elle attaque Patrick Cohen sur sa gestion et évoque des accusations de harcèlement. Son intervention suscite l’approbation de certains médias, tandis que France Télévisions et Radio France défendent le journaliste. Un observateur note que Dati s’adresse à un public qui rejette l’audiovisuel public, renforçant ainsi son soutien politique.

Rachida Dati, ministre de la Culture, critique le groupe public audiovisuel sur France Inter, accusant son projet de holding d’être caricaturé par Sibyle Veil, sa présidente, en réforme d’extrême droite. Les tensions entre Dati et Veil sont exacerbées par la relation de Veil avec Simone Veil, figure respectée.

Dati a également des relations fraîches avec Delphine Ernotte de France Télévisions, qu’elle considère trop proche de sa prédécesseure. Elle est mécontente d’une enquête de France 2 sur ses conflits d’intérêts, et des échanges houleux se sont produits avec les médias.

Finalement, Dati, après près de deux ans au ministère, fragilise le service public tout en cultivant de bonnes relations avec les médias Bolloré, même si elle reconnaît la nécessité de réformer l’Arcom. Des liens historiques entre Dati et Vincent Bolloré, incluant un financement de campagne, sont également mentionnés.

L’audiovisuel public, une obsession

Peu après son acquisition par un milliardaire breton, Le JDD a promu l’idée que le service public doit respecter toutes les opinions, souvent répétée sur les antennes de Bolloré. En mai, Le JDD a affirmé que l’audiovisuel public doit être exemplaire. Un patron de média concurrent a noté le soutien de Rachida Dati au groupe Bolloré malgré des infractions aux règles par C8 et CNews.

Rachida Dati, qui a des relations ambivalentes avec les médias, défend l’importance des médias privés et publics, tout en critiquant certaines couvertures, notamment celle de Le Parisien. Malgré des collaborations avec des soutiens influents comme Constance Benqué d’Europe 1, elle est perçue comme une personnalité transactionnelle, apportant des informations en échange de loyauté.

Dati utilise des stratégies provocatrices pour capter l’attention des médias, s’inspirant d’un style semblable à celui de Donald Trump. Dans une affaire liée à un documentaire, elle aurait interagi directement avec Rodolphe Saadé de BFMTV, bien qu’une forte résistance en interne ait permis la diffusion du film malgré ses tentatives d’influence.

Alors que la bataille pour Paris a commencé, la « méthode Dati » s’annonce, comme toujours, sans merci. Toutefois attendons le verdict de son procès pour « corruption et trafic d’influence » qui se tiendra en septembre 2026.


Synthèse d’un article signé François Rousseaux. Télérama. Source originale


2 réflexions sur ““la stratégie du coup de boule”

  1. bernarddominik 11/11/2025 / 15h47

    Dati était sûrement la dernière personne à nommer à la culture. Et ce choix montre bien que son mentor Macron est aussi inculte qu’elle

    • raannemari 12/11/2025 / 13h27

      Je n’arrive toujours pas à aligner R. Dati et Culture.

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