Lumière sur ces journalistes d’enquête.
Alors que Nicolas Sarkozy a déclaré que « la haine [des juges] n’a décidément plus de limite », son épouse, Car-la Bruni, s’attarde quelques instants devant la presse. Et d’un geste furtif, mais ostensible, retire la bonnette du micro de Mediapart puis la jette au sol, avant de s’éloigner.
Comme si le site d’investigation, à l’origine des révélations, était la source de tous ses malheurs. Et qu’il faudrait donc le faire taire.
Le symbole est fort. Car quoi qu’en pensent Nicolas Sarkozy et son entourage, Fabrice Arfi et Karl Laske, les journalistes qui ont dévoilé l’affaire en 2011, n’ont fait que leur métier.
Pendant près de quinze ans, ils ont méthodiquement assemblé les multiples pièces du puzzle de cette histoire tentaculaire, qui se déploie sur plusieurs continents. Et tenu bon malgré les nombreux contre-feux et narratifs alternatifs portés par l’ancien président de la République et son clan.
« C’est le privilège de la délinquance en col blanc, qui peut venir au journal de 20 heures imprimer ses éléments de langage et imposer son récit, en omettant les faits pour lesquels elle se retrouve dans cette situation », déplore Fabrice Arfi.
Tout est donc parti d’une enquête journalistique menée sur le temps long et qui a révélé des faits dont la justice a ensuite décidé de se saisir. Et qui, finalement, a donc amené sur les bancs du tribunal un ex-président de la République et trois anciens ministres (Claude Guéant, Brice Hortefeux et Éric Woerth) et plusieurs acolytes pour « des faits d’une gravité exceptionnelle de nature à altérer la confiance des citoyens dans ceux qui les représentent », soulignent les magistrats.
[…]
D’après un article signé Richard Sénéjoux. Télérama. N° 3951 01/09/2025
Carla Bruni M Marchand et Sarkozy risquent de se retrouver devant les juges pour subornation de témoin après avoir payé Takiedine pour se rétracter.