Défaillances d’entreprises…

… pourquoi ce niveau record en 2025…

L’usine de sirops Teisseire, vieille de 300 ans, ferme ses portes à Crolles en Isère. Au-delà du symbole, cette défaillance allonge la liste des PME en difficulté dans nos départements (lire par ailleurs). Or « un emploi industriel, c’est quatre emplois indirects, rappelle Jérôme Lopez, président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) en Isère. Dans les semaines à venir, avec les 167 emplois de Teisseire, il faut s’attendre à 600 emplois détruits dans le silence ». Le restaurant et la boulangerie du coin, la société de maintenance, celle pour l’entretien, la sécurité, la com’, la logistique…

Le syndicat des indépendants (SDI) réunit particulièrement les entreprises de moins de 10 salariés. Jean-Guilhem Darré, son délégué général, relève : « 91 % des dirigeants sont inquiets, en colère ou déprimés. Nous réalisons cette enquête sur le moral des dirigeants et c’est le résultat le plus élevé qu’on ait jamais connu. Ils sont de plus en plus nombreux à envisager de cesser volontairement leur activité ».

Pour les PME de 10 à 19 salariés et celles au-delà de 50 : « il y a de vraies tensions locales ».

Avec 6800 défaillances d’entreprises en septembre, la France a connu la pire « période de rentrée » depuis 2009, selon le cabinet Altares, expert en données d’entreprises. « Sur le début de l’année, les TPE de 6 à 9 salariés subissent les tendances les plus sévères (+ 14 % entre 2024 et 2025). Mais ce à quoi on doit faire attention, c’est la taille du dessus, les 10-19 salariés, prévient Thierry Millon, directeur d’études chez Altares. Il y a de vraies tensions locales et il faut relever l’accentuation du risque des gros acteurs » (au-delà de 50 salariés, Altares compte + 25 % de défaillances).

Depuis la dissolution d’il y a un an et demi…

Le SDI dénonce régulièrement l’instabilité politique. A la CPME, Jérôme Lopez déroule une logique implacable : « Depuis la dissolution il y a un an et demi, tous les trois mois, -on est dans l’incertitude. J’ai des confrères industriels qui faisaient 500 000 euros de chiffre d’affaires l’an dernier avec le. CHU, ils en font 170 cette année. Ça, c’est une conséquence directe des crises budgétaires. Si les budgets ne sont pas votés, il n’y a pas d’argent dans les établissements publics. Si les établissements publics n’investissent pas, les établissements privés ne sont pas confiants, ce qui gèle les projets d’investissement ».
Évidemment, les élections qui approchent n’arrangeront rien.

« Les carnets de commandes sont dégradés, les stocks élevés et des investissements productifs diminuent comme on l’avait prédit, relève Gilles Mollard, président de l’Union des industries et métiers de la métallurgie de Haute-Savoie. Les raisons sont diverses, mais c’est aussi lié à la crise de confiance des consommateurs en France. Les coûts énergétiques – même si l’électricité a baissé – restent quand même 30 % plus chers qu’aux États-Unis et la fiscalité est jugée dissuasive ».

Si Altares voit aussi des signaux positifs, une autre tendance inquiète notamment le représentant du SDI. Les entreprises de plus de 10 ans vacillent, alors qu’elles devraient figurer parmi les plus résilientes. Ce jour, les Aciéries de Bonpertuis (groupe Forlam) attendent de connaître leur sort…
Six siècles après leur création.


Célia Amphoux.Dauphiné. 21/10/2025


Identifier vos commentaires ; sinon c'est direction poubelle.