Véhicules thermiques…

… bataille en cours sur l’interdiction en 2035

L’interdiction de la vente de voitures et camionnettes thermiques en Europe à partir de 2035 est-elle en train de vaciller ?

Cette décision européenne, actée en 2022, est de plus en plus dénoncée par les constructeurs automobiles du Vieux continent (ACEA) et les équipementiers (CLEPA). Ces acteurs ont envoyé une lettre à la Commission européenne le 27 août pour demander un « réajustement de la trajectoire actuelle de réduction des émissions de CO, dans le transport routier » afin de « préserver la compétitivité industrielle de l’Europe ».

Le marché tâtonne

Ils soutiennent que « dans le monde actuel, il est tout simplement impossible d’atteindre les objectifs d’émissions de CO, pour les véhkules à l’horizon 2030 (-55 % des émissions de 2021) et 2035 (-100 %) ».
Une rencontre très attendue est prévue ce vendredi entre les industriels et Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, afin de fixer le cap des prochaines années.

Pour se défendre, les constructeurs mettent notamment en avant un marché des véhicules électriques qui peine à s’imposer en Europe.

Les voitures neuves électriques représentent 17 % des achats au sein de l’Union européenne « élargie », avec des pays comme la Norvège qui dépassent 80 % tandis que d’autres, comme. l’Espagne et l’Italie, sont à la traîne, autour de 5 %.

Le potentiel « revirement », de Bruxelles inquiète logiquement Charge France, l’association des opérateurs de recharge dans l’Hexagone, qui ont tout à gagner d’un développement du marché de l’électrique. « Ça serait désastreux de renoncer aujourd’hui à l’objectif de 2035. Certains constructeurs poussent pour que l’hybride rechargeable obtienne une dérogation après 2035 », déplore Aurélien de Meaux, président de Charge France.

La question du prix

Pour Charge France, les doutes sur les voitures électriques ne sont pas fondés. Pour convaincre, le groupement met en avant une étude, publiée par le cabinet de conseil BCG. Les auteurs soulignent que « la trajectoire européenne vers l’automobile électrique est largement engagée », avec des ventes de voitures électriques en Europe qui ont progressé de 24 % au premier semestre 2025 par rapport à 2024.

Mais la question du prix reste centrale pour le consommateur. « Les véhicules électriques actuellement vendus en Europe sont moins chers à l’achat et à l’usage que les véhicules thermiques et hybrides », révèlent les experts de BCG, se basant sur le cas d’un automobiliste qui roule 13 000 km par an, pendant cinq ans d’utilisation, avec une voiture citadine ou familiale.

Ils estiment entre 640 et 1 600 euros par an d’économie pour un foyer qui s’équiperait en électrique plutôt qu’en hybride. « L’étude montre que les hybrides rechargeables ne sont pas une bonne solution, que ce soit du point de vue du climat – elles émettent trois fois plus de CO2 que l’électrique sur l’ensemble du cycle de vie -, ou du pouvoir d’achat », pour Aurélien de Meaux.

Sur ce dossier de l’avenir de l’automobile en Europe, chaque camp affûte donc ses argu­ments. C’est un des sujets brûlants pour Ursula von der Leyen dans les prochains mois.


Arthur Sautrel. Le Dauphiné. 10/09/2025


Une réflexion sur “Véhicules thermiques…

  1. bernarddominik 13/09/2025 / 14h28

    Non seulement la voiture électrique ne décolle pas, mais ceux qui en ont reviennent au thermique. L’UE devrait comprendre qu’il y a un problème.

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