Un plan pour protéger les mineurs en ligne

Comment s’assurer de l’âge des internautes et
empêcher les mineurs d’accéder aux sites pornographiques ?

La question se heurte depuis des années à une impasse technique. Le défi est de trouver une solution efficace qui respecte le droit à la vie privée de tous et qui ne donne pas la possibilité aux plateformes de collecter des données sensibles.
Le 14 juillet, la Commission européenne a lancé son plan de vérification de l’âge des usagers, grâce à une application numérique.

Que propose la Commission européenne ?

Un système de « double anonymat » : un organisme tiers est chargé de vérifier l’âge de l’internaute grâce à une pièce d’identité, tandis que le site reçoit uniquement la preuve que l’utilisateur a plus de 18 ans, sans autres données personnelles. L’organisme tiers ignore pour quel site la demande est faite ; et le site qui en fait la demande n’a pas accès à l’identité de l’internaute.

Comment les États européens peuvent-ils s’en saisir ?

Le plan est en « phase pilote » en France, au Danemark, en Grèce, en Italie et en Espagne. Chacun pourra l’adapter à ses pratiques et à sa réglementation. Si Paris souhaite que l’accès aux réseaux sociaux soit interdit aux moins de 15 ans (comme le répète le gouvernement, sans que la loi adoptée en 2023 soit entrée en vigueur), le plan européen serait une technique envisageable.

Qu’en pense l’Arcom ?

L’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique salue des mesures prises avec « des exigences élevées », « suivant sur de nombreux points [ses] recommandations ».

Et les plateformes ?

Jusqu’ici, elles étaient peu enclines à collaborer avec les États. Or, tenir éloignés les enfants des réseaux est un enjeu de santé publique. Les éditeurs des sites pornos ne coopèrent pas non plus.

En juin, le groupe Aylo (Pornhub, You-Porn et RedTub) a suspendu ses sites en France, manifestant son mécontentement à devoir en réguler l’accès.
Sur les pages d’accueil était affichée… La Liberté guidant le peuple, de Delacroix. Comme s’il s’agissait d’une affaire de liberté plutôt que d’un devoir de protection des mineurs.


Julia Vergely. Télérama. 23/07/2025


Une réflexion sur “Un plan pour protéger les mineurs en ligne

  1. bernarddominik 02/08/2025 / 7h38

    Il existe un organisme officiel: l’identité numérique, qui permet notamment de faire les démarches pour les papiers d’identité.

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