L’imagination fait le reste

Je trouvai Ramon assis, regardant en direction de la route.

  • Tu aime mon potager, Miguel ? demanda-t-il au bout d’un moment.
  • Quel potager ?
  • Celui-ci, et il designa l’horizon qu’on voyait au-dessus des collines
  • Ce n’est pas un potager
  • Comment ça, j’ai semé des ampoules et vois comme elles ont poussé vite.

La nuit était tombée et Ramon ne se trompait pas : les lumières nées des fenêtres, des lampadaires et des voitures qui empruntaient la route à cette heure, ressemblaient aux citrons et aux oranges. brillantes qu’un jardinier étourdi aurait laissé tomber dans le jardin de la nuit.

  • Je vais prendre un demi kilo, dis-je au bout d’un moment
  • Un demi-kilo de quoi ? me demanda Ramon
  • De lumières…

Extrait de « L’Homme à l’affiche » – Maria José Ferrada. Ed. Quidam éditeur.


Un de ces livres qui vous reste dans un coin de votre tête. Son contenu n’est pas composé d’un tas de citations toutes plus belles et plus vraies les unes que les autres, non, juste un roman que l’on pourrait qualifier de société certes, mais qui contient malgré les descriptions sociétales, quelques moments d’évasion poétique. L’autrice est chilienne, un trait qu’il faut intégrer dans la lecture. MC

4ᵉ de Couverture

L’Homme à l’afficheMaria José Ferrada

Ramon vit dans un bidonville. Du jour au lendemain, il accepte de s’occuper d’un énorme panneau publicitaire en bord d’autoroute. Et décide d’en faire sa nouvelle maison. Là-haut, il espère trouver dans l’air le sens des choses. On le tient pour fou. Seuls sa compagne Paulina et son neveu Miguel lui rendent visite.
Avec un humour acerbe et une connaissance approfondie de la psychologie de l’enfant (déjà à l’oeuvre dans Kramp), Maria José Ferrada dresse le portrait d’une société qui, au nom de la paix, n’hésite pas à recourir à la violence.
Comment trouver la lumière quand la cruauté et l’absurdité s’étendent comme un manteau sombre ? C’est ce à quoi certains personnages de ce roman tentent de répondre.


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