Les destinations évoluent

Pour ses vacances d’été, Camille (29 ans) a choisi cette année les Alpes et la Bretagne.

Objectif : éviter les fortes chaleurs pour « profiter vraiment et pouvoir faire des activités ». La météo des derniers jours lui donne raison. On est ravi qu’il fasse frais », commente-t-elle depuis la station des Deux-Alpes (Isère), où le mercure affiche 25 °C. Les canicules, de plus en plus répétées, s’invitent peu à peu dans les choix des vacanciers.
Même si le Sud reste encore très prisé, les destinations du Nord et la montagne sont aujourd’hui revalorisées. « Par temps de canicule ou de températures élevées, cela devient difficile de visiter.
C’est la raison pour laquelle je ne prends plus mes vacances d’été dans le sud de la France. Je privilégie les régions situées plus au nord et même les pays comme la Belgique, les Pays-Bas.
J’envisage même de découvrir la Suède ou la Finlande », indique Sylvie, 69 ans, qui a répondu à notre appel à témoignages depuis Colmar (Haut-Rhin).

Croissance soutenue des pays nordiques

« En termes de nuitées, on s’aperçoit que depuis une dizaine d’années, les régions de la moitié nord de la France progressent plus vite que la moyenne nationale, ce qui est le signe d’une réorientation des flux, même si les quatre régions du Sud représentent à elles seules les deux tiers de la fréquentation nationale », observe Nicolas Dayot, président de la Fédération nationale de l’hôtellerie de plein air. Les campings bretons, qui faisaient en 2010 huit millions de nuitées touristiques sur l’année, en font aujourd’hui 14 millions.

À l’étranger aussi, les fortes chaleurs et la crainte des incendies ont pu détourner certains vacanciers de la Grèce ou de l’Espagne. À l’image de Jérôme, 42 ans, originaire de Gundolsheim (Haut-Rhin), qui, « pour éviter la canicule », a décidé de passer ses vacances en Islande.
« On remarque depuis maintenant quelques années une croissance soutenue sur les destinations des pays nordiques. Sur l’été 2025, on est quasiment sur des croissances à deux chiffres par rapport à l’été 2024, donc ça prouve bien que ces destinations sont en train d’attirer énormément les touristes français », constate Patrice Caradec, président du Syndicat des entreprises du tour operating (Seto).

Les voyagistes constatent aussi que les vacances d’été ne sont plus autant sanctuarisées qu’elles pouvaient l’être. « Il y a encore une dizaine d’années, le mois d’août était 30 à 40 % supérieur en termes de volume (nombre de clients) par rapport aux autres mois. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. On a juin, juillet, août et septembre qui sont à 4-5 % près dans le même volume », constate Patrice Caradec.

Cet étalement des vacances hors périodes d’été peut aussi permettre aux destinations les plus sujettes au changement climatique de se refaire une santé.
Sylvie n’a ainsi pas renoncé complètement au Sud. « Si je veux y aller, ce sera en avril, ou peut-être en mai, mais certainement plus l’été », indique l’Alsacienne.
« Dans le Sud, il va sans doute y avoir, dans les années qui viennent, un déplacement de la fréquentation sur l’avant et l’après saison. La croissance du Nord va se faire sur le cœur de l’été et la croissance du Sud va se faire en allongeant la saison, ce qu’on commence à constater », anticipe Nicolas Dayot.


Identifier vos commentaires ; sinon c'est direction poubelle.