Autrefois incontournable, le chèque n’est plus autant utilisé qu’avant.
C’est ce qui pousse le Trésor public à envisager de le supprimer progressivement comme moyen de paiement. « Nous constatons une baisse très régulière des paiements par chèque », explique Amélie Verdier, directrice générale des Finances publiques (D GFiP) qui a confirmé cette réflexion début juillet aux syndicats.
Selon les chiffres avancés par le Monde, les chèques représentent désormais moins de 3 % du nombre total de transactions en France, contre plus de 37 % en 2000. Le développement des paiements par carte bancaire et d’autres solutions de paiement en ligne y est pour beaucoup.
Plusieurs inconvénients
Bercy précise qu’« en 2024, les recettes publiques encaissées en chèque par la DGFiP (toutes catégories confondues, impôts, amendes, recettes du secteur public local ou État) ont représenté moins de 5 % des encaissements en nombre (40 millions de chèques environ) et moins de 2 % en montant. Les encaissements par chèque baissent de manière continue depuis dix ans (- 70 %), avec une accélération l’an passé (-25 %) ». Depuis 2019, il est déjà interdit de payer ses impôts par chèque au-delà de 300 euros, sous peine d’une majoration de 0,2 %, Outre la désaffection des usagers, plusieurs points jouent en défaveur des chèques.
« Le chèque est un moyen de paiement fraudogène et coûteux en gestion » pour Bercy.
C’est même celui qui présente le taux de fraude le plus élevé. Et le chèque est onéreux, tant en moyens financiers qu’humains. Les centres de traitement et d’encaissement de Lille et de Créteil ont fermé leurs portes en 2023 pour ces raisons. Une partie de leur activité avait été transférée au groupe privé Tessi.
Inconvénient supplémentaire : l’empreinte écologique du chèque est mauvaise. [le genre d’argument mis en avant lorsqu’on est à bout de réponses officielles au questionnement populaire ou lorsqu’on veut tuer son chien au prétexte qu’il a la rage. MC]
Est-ce que le chèque va disparaître totalement ?
Aujourd’hui, certaines situations nécessitent encore l’utilisation du chèque. Il faut aussi veiller à ne pas exclure une partie de la population, notamment les personnes qui ne sont pas forcément à l’aise avec la digitalisation des paiements. Le projet de la D GFiP est « d’abord d’accompagner ses usagers vers d’autres moyens de paiements plus sécurisés, pour eux comme pour l’administration : virements bancaires référencés, prélèvements mensualisés ou non, paiement en espèces pour les petites sommes », indique Amélie Verdier.
« Pas de date arrêtée »
Si « une réflexion sur la suppression est bien engagée », la DGFiP précise qu’« il n’y a pas de date arrêtée à ce stade ». Les discussions avec les syndicats doivent se poursuivre à l’automne.
Selon le Monde, cela pourrait mener à la fermeture du dernier centre de traitement des chèques de l’administration fiscale, situé à Rennes, dès 2027. Il n’a traité « que » 8,3 millions de chèques l’année dernière !
Hugo Boizot. Le Dauphiné 05/08/2025