Poème 81  

Sous la mécanique des anges
Le réel s’agrandit
Repousse
Les murs
Parle d’une voix inaudible
Chante les mots
Qui n’existent pas encore
Retourne avant la parole
Quand la langue était de sel
Quand elle était de terre et d’eau
Quand elle était de vent
Et qu’elle courait entre les arbres
La langue de silence
Qui remonte vers le ciel
Et pleure sur nos têtes amnésiques
D’humains réduits
À n’entendre que la colère
Sous la mécanique des anges
Parle encore aux étoiles
À ce qui nous dépasse
À l’immensité infinie
Amoureuse
La plénitude et la fatigue


Clara Ysé. Recueil : « Vivante ». Éd. Seghers


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