Une perdrix grise et un coq de bruyère se bécotaient une fourmi partagée aux bords des lèvres.
Chacun y allait de sa prise de bec, à qui aura le meilleur morceau de chair de l’insecte communautaire, in fine, oui en dernier ressort… petite mort, ultime à l’amble… salivage !
Sachez que je tiens cette anecdote autant périlleuse qu’allumée d’un dialogue surpris, entendu tout à fait par hasard, tout à l’heure, à 13 h 37, entre une mésange des villes et un moineau des champs qui, jaloux, ont avoué tout haut ne pas avoir eu cette belle aubaine de rencontre savoureuse depuis bien longtemps, chacun se farcissant, pendant leur conversation soutenue, une menue patte de mouche sur son trépied branlant respectif de branche de houx…
Bref, voyez-vous, même une vie d’oiseau présente des moments cocasses tout autant qu’érotiques, la technique du baiser chez ces ailés personnages, bien que recherchée en permanence et même sur grande échelle, n’étant pas vraiment acquise et gagnée d’avance !…
Gilles Compagnon. Recueil « Souffleur de Vers, Poseur de prose ». Ed. J. Flament