… pas du goût de tout le monde.
Le projet de loi de modernisation des titres-restaurants a été dévoilé jeudi au ministère de l’Économie des finances. Bonne nouvelle pour les bénéficiaires, la ministre des PME et du Commerce, Véronique Louwagie, a confirmé la pérennisation de ces titres pour régler ses courses alimentaires dans leur totalité (produits consommables immédiatement ou pas). Cette mesure a été mise en place en juillet 2022 et présentée comme un coup de pouce au pouvoir d’achat des consommateurs au moment où explosait l’inflation. La ministre a aussi annoncé la possibilité de les utiliser le dimanche : « Parce qu’aujourd’hui les Français font leurs courses de la semaine, le dimanche », justifie-t-elle.
Le texte prévoit en outre la dématérialisation de la totalité de ces titres au plus tard le 1er mars 2027. Exit donc les chèques papier. Seuls, subsisteront le format carte bancaire et le paiement digital censés être plus pratiques et moins faciles à frauder.
Les restaurateurs toujours mécontents
La réforme, fruit de concertations entamées en 2023, est loin d’emporter l’assentiment de tous les acteurs du ticket-restaurant. « C’est un séisme pour la restauration et une trahison du gouvernement », a réagi Franck Chaumes, responsable de la branche restauration de l’Umih (Union des métiers et de l’industrie de l’hôtellerie-restauration). En cause, le refus ministériel de prendre en compte leur principale revendication : à savoir, un plafond de paiement différencié selon qu’on utilise le ticket-restaurant pour faire ses courses ou pour aller au restaurant. Les restaurateurs chiffrent à 1,5 milliard d’euros leur manque à gagner lié à l’utilisation totale des tickets en achats alimentaires.
Pour l’opposition, le plat ne passe pas davantage. « Sans véritable agence nationale des titres-restaurants, les émetteurs qui se partagent le gâteau vont continuer à dicter leur loi au détriment des consommateurs et des restaurateurs », affirme Boris Tavernier, député Les Écologistes du Rhône.
Moins de 30 % des salariés (soit 5,5 millions) bénéficient de titres-restaurant en France. Ils sont pris en charge à la fois par l’entreprise (à hauteur de 50 voire 75 %) et par le bénéficiaire. Ce marché représente quelque 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires par an, soit 10 % à 15 % du revenu annuel de la restauration française, selon Edenred, leader du marché.
Borls Ivanoff Le Dauphiné Libéré. 27/06/2025
On ne peut pas contenter tout le monde. En l’occurrence il faut laisser plus de liberté aux bénéficiaires