Et j’atteste et j’atteste tout ce qui fait frémir nos nerfs ravageurs
Et j’atteste la forêt envahissante sur les villages qui se meurent
Et j’atteste les bêtes qui se lèvent de leurs sombres repaires pour courir en avant en avant en avant
Et j’atteste l’ombre et sa toute-puissance révoltée contre elle-même
Et j’atteste le lever — sur les ruines malades d’une culture-contre-culture déchirante
Et j’atteste et j’affirme que la bave montera pour se fondre dans le sexe écarlate vénéneux
Et j’atteste le chant du plus petit tremblement
Et j’atteste la beauté dévastée avec grand refus condamné
Et j’atteste la brume et la boue et le vent et la rage
et la haute incursion
d’un puissant Inconnu délirant et drogué
Et j’atteste le passé — sans passe-passe — et sans ricanement acquiescement dans le ciel violé
Et j’atteste le feu — le feu et le feu
Et j’atteste l’horreur de toutes panoplies bouffonneries de nos villes purulentes
Paul Valet, Nulle part