La dernière rescapée…

… d’Oradour-sur-Glane vient de fêter ses 100 ans.

Quatre-vingt-un ans après le massacre de son village par la division SS Das Reich, elle conserve intacts les souvenirs de ce 10 juin 1944.

Assise dans son fauteuil près de la fenêtre de sa résidence seniors à Limoges, Camille Senon, songeuse, se souvient. « Le ciel était bleu quand j’ai vu s’élever un nuage de fumée noire au-dessus d’Oradour-sur-Glane. » Le buste incliné pour mieux entendre les questions, la dame de 100 ans a conservé toute sa vivacité d’esprit. Ce 10 juin 1944, comme chaque samedi soir, la jeune travailleuse de 19 ans est à bord du tramway qui relie Limoges à Oradour. À peine installée dans la voiture, le conducteur annonce aux passagers : « Les Allemands sont à Oradour, la gare ne répond plus. »

Une tension sourde s’installe dans le wagon. « Avant le terminus, en bordure de voie, un homme à vélo nous a hurlé : ”N’y allez pas, ils tuent tout le monde !” Je n’ai jamais compris pourquoi le chauffeur n’a pas tenu compte de cet avertissement », s’interroge toujours Camille Senon. Après cette étape, le tramway s’engage dans le dernier tournant. « Là, nous découvrons une scène d’apocalypse. L’église est en flammes, les fenêtres explosent, la ville brûle. » Ses premières pensées sont pour les habitants : « Où vont-ils dormir ce soir ? » De son regard tendre, elle répond désormais : « Je ne pouvais pas me douter qu’ils n’auraient plus jamais besoin de lit. »

À quelques encablures de l’arrivée, les Allemands arrêtent le tramway. Dehors, dans un chaos d’explosions et de fumée, elle distingue des SS qui lancent des grenades incendiaires. Camille Senon et les autres voyageurs sont alors débarqués de force et poussés dans un champ voisin. « L’un d’eux nous a comptés pendant que les autres creusaient un trou. Je nous pensais condamnés. » Mais après quelques heures, un SS crie : « Raus ! » Les voyageurs sont libres de partir. Hagards, ils se réfugient pour la nuit dans les hameaux voisins.

Au petit matin, Camille Senon entre enfin dans son village. Les Allemands sont partis poursuivre leur route sanglante. « C’était affreux, la ville n’était plus que gravats. Il n’y avait personne, à part quelques chiens et chats errants. La vie s’était brutalement arrêtée ». Alors un survivant vient à elle : « Va vite, ta mère va être contente de te voir. J’ai compris alors que mon père était mort. Les choses que nous avons vues quand nous avons déblayé les ruines sont innommables. Nous retrouvions des corps plus ou moins brûlés, les uns sur les autres. »

La division SS Das Reich a massacré 642 hommes, femmes et enfants, dont 25 membres de la famille de Camille Senon, ce jour-là.
« On est marqué à vie quand on a vu ces choses-là, mais il a bien fallu vivre après cette épreuve.  Le massacre d’Oradour est vraiment la source de mon engagement politique », assure Camille Senon.

En 2016, 75e année de la commémoration du massacre, elle a refusé d’être élevée par Manuel Valls au grade de commandeur dans l’ordre national du Mérite. « Ce serait renier toute ma vie de militante pour plus de justice, de solidarité, de liberté, de fraternité, de paix », lui avait-elle répondu.


Scarlett Bain. Source (Extraits)


Merci de ce rappel historique.

Je me suis rendu sur le site. J’en ai gardé un sentiment marqué d’une forte émotion. J’espérais que je n’aurais plus à entendre des informations de ce genre dans l’actualité croyant en la vertu globale de l’instruction, de l’éducation, des échanges culturels et universitaires.

Depuis plusieurs mois, en France, le ciel se couvre de nuages noirs. Les « loups » sont rentrés dans Paris et Lyon. Ceux ci criaient, en tant que messagers cagoulés « Paris est nazis » et « Lyon est nazis » .

La passivité des forces de l’ordre n’a pas manqué d’étonner les observateurs avisés.
C’est raté, aujourd’hui plus qu’hier le danger est grand.

Il est vrai que les FN-RN est le parti ayant le plus nombre de députe(e)s de l’Assemblée Nationale !
Je souhaite que ce site d’Oradour-Sur-Glane ne soit pas frappé de démolition par abandon à la suite des coups de rabots budgétaires. La dette financière est le prétexte bientôt à la dette mémorielle comme à tous les renoncements à venir.

Je ne peux que me remémorer, en considérant la situation des gouvernements dans l’Union européenne, la réplique de l’épilogue de la pièce « La Résistible Ascension d’Arturo Ui » écrite par Bertolt Brecht en 1941 : « le ventre est encore fécond d’où a surgi la bête immonde ».

Je ne désespère pas de la Citoyenneté de nos Concitoyennes et Concitoyens de notre pays !


RBLAPLUME


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