… deux versions selon les supports…
Jeudi 5 juin 2025, France 2 a diffusé dans la soirée un numéro accablant de Complément d’enquête sur l’actuelle ministre de la Culture. Années Sarkozy, réseautage intensif, explosion médiatique… Le documentaire décortique les méthodes particulières de cette stratège politique, adepte de la castagne en coulisses comme en plateau.
À cet égard, Complément d’enquête enfonce le clou et dévoile en partenariat avec Le Nouvel Obs des documents inédits qui ne sont pas encore entre les mains de la justice, mais qui devraient fortement l’intéresser.
Ils prouveraient que Rachida Dati aurait reçu 299 000 euros d’honoraires non déclarés du géant français GDF Suez en 2010-2011, quand elle était eurodéputée et avocate. Le tout, alors qu’elle apparaissait à Bruxelles comme un soutien du secteur énergétique.
Bien évidemment, fidèle a sa réputation, elle réfute, tout comme elle s’oppose fermement à sa mise en examen pour corruption passive dans l’affaire Carlos Ghosn, en raison de 900 000 euros d’honoraires d’avocats qu’elle aurait perçus entre 2010 et 2012.
À ces déboires judiciaires, s’ajoute également une récente enquête de presse de Libération selon laquelle la ministre aurait oublié de déclarer à la HATVP plusieurs centaines de milliers d’euros de bijoux. Si à la mairie de Paris, la gauche ne manque jamais d’attaquer Rachida Dati, cela commence à faire beaucoup.
Elle accuse notamment les reporters de Complément d’enquête d’être des « voyous » qui auraient monnayé une interview avec son cousin. Ce qu’ils démentent sans détour.
L’agacement a aussi gagné les sphères politiques. […] Cette accumulation d’accusations a-t-elle de quoi lui porter préjudice dans la course à l’Hôtel de ville en 2026 ?
Quoi qu’il en soit, Complément d’enquête révèle une conversation dans laquelle Rachida Dati confirme avoir monnayé avec Emmanuel Macron son entrée au gouvernement contre l’assurance d’un soutien présidentiel à sa candidature à la mairie de Paris. Ce que les deux intéressés ont toujours nié publiquement (avant que l’enregistrement révélé par France 2 ne vienne battre en brèche cette version). […]
D’après Lucie Oriol.
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Version 2
La ministre de la Culture, Rachida Dati, aurait-elle fait du lobbying pour GDF Suez pendant son mandat au parlement européen ? Des documents révélés par Complément d’enquête, diffusé ce jeudi 5 juin sur France 2, et Le Nouvel Obs semblent accréditer la thèse d’un conflit d’intérêts que l’intéressée a toujours nié.
Ces documents, qui ne sont à l’heure actuelle pas aux mains de la justice, proviennent de la comptabilité d’un cabinet d’avocats liquidé en 2019 et font apparaître l’encaissement de deux virements de 149 500 euros chacun provenant de GDF Suez et datés de juillet 2010 et février 2011. À chaque fois, quelques semaines après ces opérations, ces mêmes sommes – au total 299 000 euros – ont été décaissées par le cabinet au profit de Rachida Dati avec la mention « Dati honoraires GDF Suez », selon les informations dévoilées.
Les deux médias mettent ces versements en regard de « prises de position favorables au secteur gazier » de Rachida Dati quand elle était eurodéputée, entre 2009 et 2019. Fin 2013, l’eurodéputée centriste Corinne Lepage, qui témoigne dans Complément d’enquête, s’était d’ailleurs étonnée du soutien apporté par sa collègue à la revendication de grands groupes énergétiques, dont GDF Suez, pour l’arrêt des subventions aux renouvelables.
La relation de l’actuelle ministre avec l’entreprise est aussi apparue au cours de l’enquête sur l’affaire Ghosn dans laquelle elle est mise en examen depuis 2021 en raison de 900 000 euros d’honoraires d’avocats qu’elle aurait perçus entre 2010 et 2012, d’une filiale néerlandaise de l’alliance Renault-Nissan.
Les magistrates du Parquet national financier (PNF) en charge du dossier l’auraient ainsi interrogée, selon les deux médias qui ont pu consulter les auditions, sur des mentions comme « GDF et Areva sont concurrents, revoir contrat dernière page » ou encore « GDF 250 » figurant dans des cahiers à spirales saisis lors de perquisitions dans le bureau de l’assistante de Rachida Dati à la mairie du 7e arrondissement de Paris. […]
L’autre séquence intéressante dans ce portrait de Rachida Dati tient dans la seconde partie du titre du reportage, “le prix de la conquête”. Car c’est bien vers la conquête électorale de Paris que tous les efforts de la ministre de la Culture sont tournés. Quitte à piétiner et les usages et les personnels de la culture, dont ceux de l’audiovisuel public qu’elle accuse, a l’instar de l’équipe de Complément d’enquête qui la suit, d’être des “voyous” pour avoir monnayé un entretien avec un de ses cousins… Sans l’ombre d’une preuve. Des preuves de la soif de pouvoir de Rachida Dati, les journalistes en ont, eux.
Lors de son arrivée rue de Valois, le profil de la sarkozyste de toujours était tellement atypique que les observateurs se sont demandé s’il n’y avait pas là un “deal” secret entre elle le président de la République. Emmanuel Macron et elle l’ont démenti à l’envi. Mais le jour même de sa nomination, la future ministre tenait une réunion en visioconférence avec des élus LR de Paris, entre autres Philippe Goujon et Jean-Pierre Lecoq, maires du 9e et 6e arrondissements de la capitale, pour leur annoncer la nouvelle, et le marché passé avec le chef de l’Etat. “J’ai l’assurance de l’enjeu de la mairie de Paris, qu’on puisse gagner Paris parce que c’est mon seul objectif”, l’entend-on déclarer sur un enregistrement audio de cette réunion.
Par la rédaction du quotidien
Source Diverses dont HuffingtonPost/L’humanité.