De nombreuses victimes de violences au sein d’établissements catholiques ont regardé François Bayrou, premier ministre interrogé par la commission d’enquête parlementaire. Beaucoup en sont sorties déçues, autant par l’attitude de l’élu du Béarn que par l’absence de réponses concrètes.
Une profonde déception partagée par de nombreuses victimes, François Bayrou s’étant selon elles entêté à maintenir qu’il ne savait rien. « Nous, ce qu’on voulait, c’était la vérité. Il a simplement voulu sauver sa peau », explique Paul Taillandier, victime de Notre-Dame-de-Bétharram, établissement qu’il a fréquenté en internat entre 1986 à 1991. « Il enjolive, il mélange tout. Il se souvient de ce dont il a envie. C’est une vaste plaisanterie », poursuit ce Béarnais, dont les souvenirs du perron, sur lequel devaient rester les enfants punis « à 2 heures du matin, à genoux, en slip et en tongs », sont encore intacts.
Beaucoup ont vu dans l’attitude offensive de François Bayrou, qui a notamment accusé le corapporteur insoumis Paul Vannier de « manipulation », une manière de mieux détourner l’attention de ce dont il était responsable : « C’est une réponse politique, il a joué sur les mots. C’est une honte pour les victimes », insiste Jean-Marie Delbos, première victime identifiée de la congrégation Bétharram dans les années 1960.
Un besoin de justice
Frédéric Laureau y a donc vu une « comédie politicienne indécente tellement, cela était décalé par rapport à la souffrance des victimes ». Cet ancien avocat fait partie des enfants violentés de l’internat de Sainte-Croix-des-Neiges (Haute-Savoie). « Il y a des gens qui se suicident, se droguent, vont mal, car ils ne supportent pas, c’est ça le sujet. Que fait-on pour que ça ne se reproduise pas ? », s’interroge le retraité.
« Ce qu’on veut, c’est sauver des gamins », le rejoint Paul Taillandier, qui a tenu à regarder l’audition en compagnie de sa femme et de sa fille chez lui à Soumoulou, à 17 kilomètres de Bétharram. Il décrit un besoin de justice, cite Damien Saget, surveillant surnommé « Cheval », placé en garde à vue en février à la suite d’accusations de « viols aggravés », puis relâché, car les faits sont prescrits.
Clément Rabu. Médiapart. Source (très courts extraits – voir la ref Original)
L’anguille Bayrou est une nouvelle fois passée au travers du filet. Dans son parcours sinueux d’élu et de responsable, il a toujours usé de son agilité et de ses ruses pour tisser autour de lui des « ondes isolantes », lui évitant diverses procédures. Cette fuite audacieuse témoigne de l’intelligence vive à l’identique de l’anguille, capable de déjouer les pièges les plus élaborés. Jusqu’à quand ?
Michel
Tout comme Sarkozy Bayrou est un lâche qui n’assume pas ses erreurs.