J’ai traversé des forêts denses et mystérieuses, où chaque arbre racontait une histoire et chaque sentier invitait à la découverte, m’immergeant dans un monde avec lequel le passé et le présent se rencontrent. Nous sommes à la fois petits et grands dans cet univers végétal, témoins d’un cycle éternel de naissance et de renaissance, un écho de nos propres parcours, à la fois fragile et résilient. Ces forêts symbolisent ma vie, faite de croisements entre les différents arbres, représentant les rencontres et les expériences qui jalonnent une existence fertile en émotions. Parfois, je me suis perdue dans ces chemins sinueux, déconcertée par des bifurcations inattendues, incertain du chemin à suivre, mais chaque détour a enrichi ma quête intérieure. En cheminant, j’ai aussi trouvé des clairières, des espaces de lumière et de paix, où le regard et le cœur peuvent se poser.
La forêt méridionale, avec son climat doux et ses senteurs envoûtantes, devine et abrite nos émotions et nos silences les plus profonds, comme un refuge pour notre âme en quête de réconfort. Sous le ciel bleu visible entre les arbres, chaque respiration devient plus profonde et chaque regard plus clair, laissant place à une clarté d’esprit essentielle pour avancer.
À deux, nous avons parcouru un long chemin dans ces paysages, vaquant chacun à ses préoccupations et à ses souvenirs, prenant le temps de chérir la présence indéfectible de l’autre aimée.
La retraite venue, bien méritée, nous offre le temps de partager, d’évoquer nos souvenirs, parfois flous, mais remplis d’émotions, comme des tableaux impressionnistes qui reprennent vie sous le doux éclairage du moment présent.
Parfois ensemble, parfois seuls, nous rêvons, suspendus à des instants passés, assumant nos choix ou regrettant certaines décisions. Le temps, se voilant d’une acceptation mélancolique, efface les peines et les rancunes, transformant nos blessures en cicatrices témoins de notre force.
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Le chemin que nous emprunterons demain n’est pas tracé, et l’inconnu peut être à la fois effrayant et exaltant. Un jour, il faudra quitter la main de l’autre, un geste simple, mais plein de symboles, et prendre ce chemin inconnu. Chaque pas sera lent pour prolonger l’instant présent et savourer chaque moment de la traversée. Marcher doucement, pour s’imprégner du paysage qui nous entoure, sentir la terre humide sous les pieds, écouter le bruissement des feuilles et observer la lumière à travers les branches dansantes, tout en se rappelant que chaque pas porte vers une nouvelle découverte.
Se perdre une dernière fois dans la nature, renouer avec l’essentiel et accueillir la sérénité avec l’acceptation, comme une danse avec l’univers, ressentant chaque battement de notre cœur en harmonie avec celui de la terre.
Une façon de dire au revoir sans mots, entre l’être et le non-être, trouver LE passage vers ce qui est à venir.
Un temps suspendu, plein d’incertitude.
Michel