Sur « les frères musulmans »

Dans « Ça n’engage que moi », les journalistes de « Charlie » on carte blanche pour vous raconter ce qu’ils veulent.
Mais rien ne vous oblige à lire ça.

Il y a trois ans, un rapport était commandé par les ministères des Affaires étrangères, de l’Intérieur et des Armées sur la présence des Frères musulmans en France. Il vient d’être rendu sous le titre « Les Frères musulmans et islamisme politique en France ».

Quelques chiffres rapportés par cette enquête donnent le ton : 7 % des lieux de cultes musulmans en France sont affiliés à la mouvance des Frères musulmans ce qui représenteraient 91 000 fidèles chaque vendredi. 280 associations seraient liées aux Frères musulmans.
Par exemple dans la région de Lyon où le rapport dénombre « une cinquantaine d’associations musulmanes […] affichant plus généralement une sensibilité frériste ». Entre 400 et 1 000 personnes seraient des membres actifs et permanents de cette mouvance.
Vingt et un établissements scolaires accueillant 4 200 élèves seraient liés aux Frères musulmans. Le rapport précise : « 815 écoles coraniques recensées début 2014 sur tout le territoire (hors outre-mer et Paris), accueillant un total de 66 050 élèves mineurs. » Dont un bon tiers « évoluent dans un courant fondamentaliste de l’islam, dont 114 rattachées à la mouvance frériste ».

Autre arme utilisée par les Frères musulmans pour diffuser leur propagande : le numérique. Les rapporteurs ont dénombré une vingtaine d’influenceurs de cette mouvance qui s’activent à populariser le projet d’une société islamisée.

Selon ce rapport, pour Chakib Benmakhlouf, ancien président de la Fédération des organisations islamiques en Europe rebaptisé Conseil des musulmans européens, le cadre juridique européen permet de « présenter le modèle d’un musulman décent qui est considéré comme un bon modèle pour propager l’islam de manière positive sans attirer l’attention […] sur le fait que nous islamisons l’Occident ».

Sont détaillées les techniques utilisées par les islamistes pour faire avancer leurs thèses dans la société française afin de la soumettre aux lois de l’islam. On s’en doutait un peu et ce rapport a le grand mérite de mettre des mots et des chiffres sur une réalité pour laquelle il n’est pas toujours aisé de collecter des informations précises. Il ne reste plus aux responsables politiques qu’à prendre les décisions qui s’imposent pour mettre fin à cette guerre silencieuse menée par les Frères musulmans contre la démocratie française.

Et pendant ce temps

Dans le même temps on constate que des régimes autoritaires comme la Russie ont mis en œuvre une stratégie de déstabilisation des démocraties européennes à grand renfort de propagandes et de fausses informations sur les réseaux sociaux mais aussi en menant des attaques informatiques contre des institutions officielles.

Dans le même temps, toujours, on découvre des réseaux tentaculaires de mafias et des groupes criminels qui engendrent de colossales sommes d’argent grâce aux trafics de drogue qu’ils contrôlent. Ce qui leur donne les moyens de corrompre des fonctionnaires et ainsi de déstabiliser des institutions comme la police ou la justice, comme c’est déjà le cas dans certains pays d’Amérique centrale.

Dans le même temps enfin, on commence à comprendre que le réchauffement climatique va déstabiliser des régions entières et déclencher des mouvements de populations qui déstabiliseront les équilibres fragiles de nos démocraties.

On constate qu’aujourd’hui, c’est l’idée même de la démocratie qui est attaquée de toutes parts et par différentes forces : par les religions traditionnalistes, par des régimes autoritaires, par des réseaux mafieux et même par le climat.
C’est sur tous ces fronts qu’il nous faut se battre pour défendre nos démocraties et cela ne s’annonce pas facile car outre les moyens financiers gigantesques que cela implique, à l’heure où les caisses de l’État sont dans le rouge, on constate que beaucoup de citoyens ne se rendent même pas compte de cet état de fait et ont tendance à minimiser les choses.

Pourquoi ? Par inconscience ? Par négligence ? Par lâcheté ? Par peur aussi ? Il faut d’urgence réapprendre à se battre pour l’idée démocratique et arrêter de penser que ce régime politique basé sur la liberté nous est dû et sera toujours présent. Si notre volonté de vivre libre s’émousse et devient moins forte que celle qu’ont nos adversaires pour nous écraser, alors il n’y a plus qu’à tirer un trait sur la courte histoire de nos démocraties modernes.


Éditorial de Riss 21/05/2025


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