LES GÊNEURS

Vous aviez des gèneurs plein votre appartement.
Des folles, des bavards faisaient, avec aisance,
Sur le dos du prochain assaut de médisance
Et parlaient, sans penser, fort impertinemment.

Je subis jusqu’au bout l’indicible tourment
De leurs oiseux propos et de leur suffisance.
Ils nous ont, à la fin, laissés seuls en présence,
Et nous sommes, ainsi, demeurés un moment.

Alors je n’ai point su trouver un mot à dire.
Pardieu je n’y vois pas un grand sujet de rire :
Aimer trop, quelquefois. nous rend l’esprit obtus.

Un autre eût, à l’instant, chanté : « Fleuve du Tage. »
Moi, je vous aimais trop, c’est pourquoi, je me tus;
Mais en ne parlant pas, j’en ai dit davantage.


Claudius Popelin. Recueil « Poésies complètes » (éd. 1889). Ed. Hachette. La BNF


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