Le jeu !

Vivre s’inscrire à sa carte.
L’inviter.
Aimer se frotter au nu du monde.

Le vêtir de verbes d’adjectifs de mots. De tournures imprévisibles ; de dentelles improbables ou improvisées.
Le sonder. S’y émerveiller, y trouver joie, y prendre peine, le contourner par les moindres orées.
Se mirer en son puits fatal. S’y voir. S’y reconnaître en ses eaux troubles.
Franchir des frontières et même les refuser. S’y glisser par effraction. Et s’oublier une fois ou deux, assis sur un rayon ou posé à l’établi.
Y laisser un peu de soi. Et attendre le retour du mot plié, en papillote, en sorte de jeu.
En soufflé d’émotion monté du trou du théâtre, celui de la mémoire, celui de la vie.
Du retour du boomerang de plein front…

Faire figure de proie et se laisser dévorer par le temps qui nous dépasse !…


Gilles Compagnon. Recueil : « souffleur de vers, poseurs de prose ».


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