DITES-LE-MOI

Madame, j’ai vingt ans, je ne sais pas grand-chose ;
Je suis novice en tout ; j’ignore la raison
Qui fait sur le rameau naître la floraison,
Et je confonds un peu l’effet avec la cause.


Vous m’avez ébloui sous votre robe rose.
C’était vous la plus belle, et sans comparaison.
Je m’en suis revenu très sombre à la maison,
Et je rêve, depuis, comme un vieillard morose.


Je sens qu’un trait subtil et brûlant, en ce bal,
M’a percé d’outre en outre, hélas ! et mis à mal.
Pourtant je n’ai dansé qu’avec vous.

C’est étrange.

Ne vous doutez-vous pas d’où me vient mon émoi ?
Vous avez, c’est connu, de l’esprit comme un ange.
Ah ! si vous le savez, pour Dieu dites-le-moi.


Claudius Popelin. Recueil « Poésies ». Ed. Hachette – BNF


Identifier vos commentaires ; sinon c'est direction poubelle.