Suisse : Faire-part de déchet…
Bien évidemment l’article n’engage que son auteur… MC
Un prélat de la pire engeance extrémiste a fini par claquer la semaine dernière : Me Williamson. Ses amis les bigots fachos de Suisse le pleurent.
Préférons célébrer la mort de l’évêque en lui cherchant des crosses.
Le 29 janvier dernier à Margate (Kent, Angleterre), Mgr Richard Williamson s’est éteint dans sa 84e année. Paix à son âme, si l’on peut désigner ainsi la mixture gélatineuse et rancie qui flageolait sous sa mitre. En fait, on ne peut pas vraiment : il est donc loisible de revenir sur les délires nauséabonds de cette raclure.
Né citoyen britannique d’une mère états-unienne adepte de la Science chrétienne et d’un père presbytérien, le jeune Richard opta pour l’anglicanisme durant ses études, puis se convertit résolument au catholicisme à 31 ans. Un parcours étriqué dans la bondieuserie avant de trouver la révélation : c’est donc en mode catho, et qui plus est en mode catho tendance intégriste, qu’il servirait désormais Dieu, le Fils, le Saint-Esprit, la Vierge, les saints et tout le fourbi.
Les fâcheux conoïdes d’Ecône
Ordonné prêtre en 1976, il se révéla en effet assez moyenâgeux dans ses crispations fanatiques pour rejoindre les dissidents traditionalistes de la Fraternité Saint-Pie X, cramponnés à la messe en latin et viscéralement rétifs aux réformes du concile Vatican II, et qui comme chacun sait avaient établi leur camp retranché à Ecône (Valais, Suisse). Williamson y dispensa son enseignement durant sept ans.
En 1988, le grand gourou écônard Marcel Lefebvre le bombarda évêque en même temps que trois autres prélats, à la suite de quoi tout ce petit monde fut excommunié séance tenante par le Vatican. Motif : Sa Sainteté le pape Jean-Paul II s’était fâché tout rouge, intolérant qu’il était aux nominations décidées sans son aval.
Mais les voies du Seigneur sont impénétrables et sinueuses : en 2009, le pape Benoît XVI leva lesdites excommunications. Cette réintégration de conards fit pas mal de foin, car entretemps Williamson s’était illustré en multipliant les abjections racistes et en niant les chambres à gaz. Comme si ce genre de broutilles allait gêner le Saint-Père, sans blague !
Un évêque rongé de venin antisémite ne saurait élocher l’unité de l’Église, tout de même ! Il faut savoir pardonner ! D’ailleurs la miséricorde envers les brebis égarées n’est-elle pas la quintessence du Dieu d’amour ? Hein, ou quoi ?
Toutefois Williamson refusa tout net la moindre concession liturgique à la papauté, se montrant si obtus qu’il fut exclu de la Fraternité Saint-Pie X en 2012 : on peine à imaginer plus intégriste qu’un intégriste, mais c’est dire. Il fonda alors sa propre mouvance et se mit à nommer des évêques à son tour. Or ça, en revanche, c’est une faute que Rome ne peut pardonner : il fut donc excommunié derechef. Il n’en continua pas moins son cirque, distribuant des mitres à des enragés de son courant jusqu’en 2023.
Révisionniste et complotiste obsessionnel
Mais revenons sur l’œuvre ô combien rafraîchissante du saint homme. En 1989 déjà, le distingué Monseigneur avait déclaré que les Juifs étaient les ennemis du Christ et qu’ils avaient inventé la Shoah. Au cours des années suivantes, il publia quantité de « lettres pastorales » à forte teneur vomitive : apologie de l’apartheid, haine des musulmans, exécration des homosexuels, des francs-maçons et bien sûr des Juifs, « premiers serviteurs du Diable » accusés de complot mondial, avec références appuyées au Protocole des sages de Sion dont tout le monde sait pourtant qu’il s’agit d’un faux antisémite bricolé en Russie vers 1900. Le reste est à l’avenant : la démocratie et l’égalité des citoyens ? « Un virus mortel ». Adolf Hitler ? Un « libérateur » de l’Allemagne. Le Vatican ? Une entreprise de destruction de la vraie foi, dévoyée par les Juifs hégémoniques « au service de l’Antéchrist ».
Les femmes ? Des « créatures non rationnelles soumises à l’homme », à qui il faut interdire le port de pantalons et les études universitaires. Les Noirs et les basanés ? Des êtres inférieurs. L’homme blanc ? « Créé par Dieu pour dominer les races esclaves ». Pearl Harbor ? Un complot judéo-maçonnique. Le 11-Septembre ? Un complot judéo-maçonnique. La guerre en Serbie ? Un complot judéo-maçonnique. Le Covid ? Un complot judéo-maçonnique. Pour le mildiou il ne dit rien, mais on devine.
Hiérarques enquiquinés
En 2008, Willamson déclarait en interview sur une télé suédoise : « Je crois qu’il n’y a pas eu de chambres à gaz ». Selon lui, « 200000 à 300000 Juifs tout au plus sont morts dans les camps nazis », et pas un seul en étant gazé. Ça eut l’heur d’enquiquiner un petit peu les hiérarques d’Ecône et du Vatican, qui pédalèrent dans la semoule entre relativisation fumeuse et réprobation molle. Le coupable, lui, fit de vagues excuses contraintes et forcées, sans vouloir se rétracter sur le fond. Et globalement, la Fraternité Saint-Pie X ne daigna jamais dénoncer clairement les diarrhées mentales de son prélat.
La justice fut moins complaisante : condamné en 2010 en Allemagne pour incitation à la haine raciale, l’évêque fit appel, fut recondamné en 2014 et rerecondamné en 2019 par la Cour internationale des droits de l’Homme de Strasbourg.
Au décès de ce sinistre fumier la semaine dernière, les ultra-cathos de Civitas Suisse ont aussitôt écrit de lui : « Ses conseils, toujours teintés de son inimitable humour si britannique, son enseignement et surtout, son exhortation à la dévotion au Très Saint Rosaire nous ont profondément imprégnés et Civitas Suisse lui doit énormément, Prions pour le repos de l’âme de Monseigneur ». Amen.
Laurent Flutsch. Revue Vigousse
Un fou furieux.
Bref, une ordure de moins sur terre, quant au ciel …