Un token pour la liberté
On les pensait forts et puissants. Ils sont en réalité les premiers à aller chouiner dans les clubs de golf de leur père. Les réglementations européennes qui visent à protéger les utilisateurs ? Au secours, papa Trump, on veut nous saborder !
Les amendes pour avoir enfreint les lois européennes ? Aide-nous, papy Donald, on veut nous anéantir !
Heureusement pour Musk, Zuckerberg et compagnie, tous gros poissons de l’élite tech américaine, ils peuvent compter sur le président des États-Unis.
Justin Sun, lui aussi, peut se targuer d’avoir Trump qui lui mange dans la main.
Entrepreneur chinois banni par Pékin et réfugié aux États-Unis, il s’est fait connaître en novembre 2024 en s’offrant, pour 6,2 millions de dollars, une « œuvre d’art » (Comedian, de Maurizio Cattelan), soit une banane scotchée à un mur, qu’il a ensuite dégustée lors d’une conférence de presse, « performance » qui l’a rendu célèbre dans le monde entier.
Mais en réalité, Sun possède depuis quelques années déjà une certaine notoriété dans le monde nébuleux des cryptomonnaies. En 2017, il crée la plateforme d’échange de cryptomonnaies Tron, très prisée des fraudeurs et criminels en tout genre, ce qui lui vaudra un billet sans retour hors de Chine.
Celui qui fut élu en 2024 Premier ministre de Liberland, une micro-nation autoproclamée entre la Serbie et la Croatie, n’est pas pour autant libre de faire n’importe quoi aux États-Unis.
À moins que…
Alors que Sun était sous le coup d’une enquête pour fraude de la Securities and Exchange Commission (SEC), l’agence américaine chargée de surveiller les marchés financiers, voilà que les poursuites viennent d’être abandonnées. La raison ? L’entrepreneur vient d’investir 75 millions de dollars dans la cryptomonnaie lancée par Trump.
Les débuts d’une relation saine, en somme.
Lorraine Redaud. Charlie Hebdo 12/03/2025
Trump est là pour 4 ans. Et tous ceux qui lui ont confié leur bas de laine risquent fort de le regretter. Quant à Trump dans 4 ans la justice pourra lui demander des comptes. C’est à la fin du bal qu’on paie les musiciens.
Reste à espérer que ce ne soit que pour 4 ans !