Les complotistes US

Trump a fait du complot son obsession.

  • Il s’est lancé en politique en reprenant la thèse raciste des « birthers » qui soupçonnaient Barack Obama de ne pas être né sur le sol américain.
  • Puis il a inventé la théorie conspirationniste du Big Lie, le « gros mensonge », faisant croire à ses partisans que Joe Biden lui avait volé la victoire en 2020.
  • Il a ensuite accusé les démocrates d’avoir fomenté contre lui des procès politiques pour lui barrer la route de la Maison-Blanche, et laissé entendre qu’ils n’étaient pas innocents dans les deux tentatives d’assassinat qui l’ont visé.
  • Il a fait de la thèse de « l’État profond », son expression favorite pour désigner un État dans l’État qui tirerait secrètement les ficelles de la politique américaine, son principal argument de campagne, et de son éradication la priorité de son second mandat.
  • Il se pose en victime d’une cabale et promet de se venger.
  • Il a forgé son identité politique sur ce récit, a rallié sa base autour de cette idée et entend continuer à capitaliser dessus.

« L’État profond »

Trump retourne dans le Bureau ovale en plaçant à des postes clés des hommes partageant sa vision complotiste du monde.

Parmi les figures notables de cette galaxie protéiforme, il a choisi Kash Patel, un fidèle qui a occupé plusieurs postes dans sa précédente administration, pour prendre la tête du FBI… Sachant que l’homme considère que ledit FBI est l’un des fers de lance de la conspiration de « l’État profond » contre Trump.

Il est adoubé par le mouvement Qanon, une nébuleuse sectaire convaincue que le nouveau président va sauver l’Amérique contre un fantasmé réseau de pédophiles cannibales et sataniques contrôlant le gouvernement.

Il se pose en théoricien de « l’État profond » dans son livre « Government Gangsters. The Deep State, the Truth, and the Baffle for Our Democracy », où il dresse une liste de 60 adversaires à mettre hors d’état de nuire, dont Joe Biden, son prédécesseur au FBI, Christopher Wray, et le procureur général sortant, Merrick B. Garland.

D’autres deep-state target lists, des listes d’ennemis présumés, circulent. L’une a été préparée par un groupe conservateur, l’American Accountability Foundation, sur les bureaucrates du département de la sécurité intérieure qui devraient être renvoyés faute d’avoir sécurisé la frontière. Ce sera à Kash Patel de tenir le rôle de bras armé de Trump pour exécuter sa promesse de vengeance.

Il va être aidé par le tandem composé d’Elon Musk et de Vivek Ramaswamy, à la direction du nouveau « département de l’Efficacité », créé précisément pour démanteler cette bureaucratie gouvernementale. Le duo a lui aussi un pedigree solide en matière complotiste : le premier se fait le porte-voix de multiples rumeurs auprès de ses millions d’adeptes sur X, tandis que le second s’est illustré pour ses propos sur l’assaut du Capitole, qui aurait été commandité, et en qualifiant de « canular » le « programme de lutte contre le changement climatique ».

C’est en réalité tout l’échafaudage trumpiste qui est conspirationniste. En transformant le Parti républicain en un mouvement populiste, anti-establishment, complotiste, Trump a attiré un aréopage d’adeptes des théories farfelues.


Le Nouvel Obs n° 3147. 16/01/2025


Une réflexion sur “Les complotistes US

  1. bernarddominik 05/02/2025 / 10h56

    C’est très inquiétant car cet homme contrôle la première armée du monde.

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