Après la condamnation, en 2021, du vicaire général pour escroquerie, la mystérieuse disparition, en 2024, du curé de Ploérmel, visé par une plainte pour abus sexuels, voilà que l’évêché est poursuivi pour détournement d’héritage.
Petit retour en arrière.
Le père Yves-Marie Le Pipe casse la sienne en 2016, à 95 ans. Un an plus tôt, l’abbé avait rédigé un testament dans lequel il désignait comme « légataire universel l’association diocésaine avec affectation [du produit de l’héritage] au comité Les Amis de Saint-Guen à Vannes », une paroisse fondée par lui-même et dans laquelle il a présidé à la construction de l’église.
À son décès, la vente de ses biens, d’une valeur d’environ 300 000 euros, est gérée par une étude notariale qui vire la somme sur le compte de l’association diocésaine, laquelle garde l’argent au détriment des Amis de Saint-Guen.
L’association a porté plainte.
Le diocèse reproche peut-être au père Le Pipe d’avoir oublié de lire le vade-mecum (non daté) en neuf chapitres adressés aux prêtres du diocèse du département.
Il est intitulé : « Le Testament du prêtre ».
Un père directif et prévoyant :
- « Les dons et les legs qui seront faits à l’association sont exemptés de droits de mutation. Loi du 28 décembre 1959, CGI art. 1711 ter. »
- Mieux : « Le risque majeur (les cas ne sont pas rares) serait de voir des héritiers s’approprier des sommes d’argent et des biens appartenant à l’Église (…).
- Tout prêtre aura à coeur d’éviter ce risque, sinon sa responsabilité serait gravement engagée. »
- Ou encore : « Une autre manière d’assurer la conservation du testament serait de le confier au notaire. »
- Et cette interrogation : « Mais est-ce bien utile ?
Le tribunal correctionnel rendra sa décision le 27 février 2025.
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