Quel est le point commun entre Sandrine Rousseau, la région Grand-Est, l’université de Heidelberg, Emmaüs France, la région Grand Est et l’École polytechnique ?
Tous ont annoncé quitter le réseau social X (ex-Twitter), jugé infréquentable depuis sa transformation par son patron Elon Musk en outil de propagande.
Certains ont déjà plié bagage, d’autres ont prévu de le faire lundi, jour de l’investiture de Donald Trump, qui a chargé le milliardaire libertarien de tailler à la tronçonneuse dans l’administration fédérale.
Meta sur les traces d’Elon Musk
Aux États-Unis, certaines célébrités avaient claqué la porte dès la victoire de Trump. « J’ai essayé de rester, mais l’atmosphère est devenue trop toxique », avait justifié le romancier Stephen King. Rien d’aussi massif toutefois que ce qui est train de se produire en France et en Allemagne, où des dizaines d’administrations, de médias et d’universités ont informé leur départ.
Des chercheurs du CNRS ont même développé un site, HelloQuitteX, destiné à faciliter la migration vers les réseaux décentralisés Mastodon ou BlueSky. C’est ce dernier, lancé à l’origine par le fondateur de Twitter, qui accueille désormais la plupart des transfuges : son nombre d’utilisateurs a doublé en trois mois, pour atteindre les 26 millions fin décembre (soit moins de 10 % des utilisateurs actifs de X).
Le groupe Meta, qui rassemble Facebook, Instagram et Threads, observe sans doute le phénomène avec anxiété. Après l’annonce par Mark Zuckerberg de la fin du fact-checking chez Meta, les recherches sur les modalités de suppression d’un compte Facebook avaient explosé.
Hasard du calendrier ? BlueSky vient d’annoncer le lancement prochain de Flashes, une application de partage de photos et de vidéos rappelant furieusement Instagram.
L’exode des anciens twittos vers des contrées au ciel plus bleu n’est pas l’unique mouvement de foule à secouer la toile. Aux États-Unis, des milliers d’utilisateurs ont basculé vers un clone chinois de Tik-Tok, menacé de fermeture par Washington faute de repreneur américain.
En deux jours, le réseau RedNôte a gagné 700 000 utilisateurs, au grand amusement des millions de Chinois qui accueillent en mandarin ces « réfugiés ».
Et si les réseaux sociaux, abandonnant toute prétention de neutralité, assumaient de refléter les clivages de la société ? C’est la voie empruntée par Elon Musk et Mark Zuckerberg – avec la dérive droitière qu’on connaît pour le premier, et qu’on pressent pour le second au regard de ses récentes déclarations virilistes.
D’autres plateformes tentent de maintenir un équilibre, d’autant plus fragile à conserver qu’avec le succès arrivent aussi robots et trolls. Depuis quelques semaines, BlueSky fait l’objet d’une campagne de désinformation russe…
Article signé J.-M.L. – le Dauphiné 19/01/2025