Trump décidera ce qu’il veut…

… ou sera la logique, NON, ou sera SA logique, voilà la question à 10 milliards…

En « trumpettant », peu avant son élection : « Je réglerai le conflit en vingt-quatre heures », le nouveau président américain s’est montré un brin présomptueux. Poutine se sent en position de force, et, s’il accorde à Trump la palme diplomatique que celui-ci convoite, le prix pourrait en être élevé.

« Tout comme Netanyahou à Gaza, Poutine n’a peut-être pas intérêt à une paix qui le mettrait, sur le plan intérieur, face aux conséquences de son « opération spéciale ». En particulier le nombre faramineux des morts », estime un autre diplomate, en poste en Europe de l’Est.

Découvrant son message de Noël, par exemple, plus d’un s’est frotté les yeux.
Sur le ton du sarcasme, Trump souhaitait « un joyeux Noël (…) aux merveilleux soldats chinois qui exploitent avec amour, mais illégalement, le canal de Panama », avant de qualifier le Canada de « 51ᵉ État » des USA et son Premier ministre, Justin Trudeau, de « gouverneur ». En guise de dernier coup de hache sur la bûche, il a rappelé ses prétentions sur le Groenland, dont « les habitants veulent que les Etats-Unis soient présents, et nous le serons ».

Les Européens ne sont pas mentionnés. Pèsent-ils si peu dans les préoccupations de Trump ?

Selon un Français en poste à l’Otan, mieux vaudrait prendre au sérieux ses menaces de remettre en question le pacte de défense collective de l’Alliance atlantique — en clair, la garantie de sécurité américaine. « Mais les Européens refusent de l’envisager, dit-il. Une invasion de Martiens leur semble plus probable. » Pas faux.

A l’état-major français, le ton reste badin : « Soyons sérieux. Les Américains veulent qu’on achète leurs armes. Mais ils ne peuvent réclamer que l’on consacre 4 % du PIB à la défense, quand ils n’en sont, eux, qu’à 3,5 %. Au pire, ils réduiront leur présence militaire sur le Vieux Continent », croit savoir un général.

C’est oublier que Trump n’a rien d’un dirigeant classique, qu’il n’est pas nourri de la même culture ni issu du même moule que ses prédécesseurs. Pour ce « roi du deal », rien n’est gravé dans le marbre.

L’article 5 du traité de Atlantique Nord n’oblige aucunement les États-Unis à voler au secours d’un membre de l’Otan agressé. Les contours de l’engagement US peuvent être révisés, et Trump pourrait même se retirer de l’Otan si l’envie lui en prenait.
Selon lui et la nouvelle génération de décideurs qui s’installe, l’Europe est un appréciable marché pour les marchands de canons US, mais l’Asie-Pacifique représente une priorité géopolitique plus sérieuse.
Trump redoute la montée en puissance, autant militaire qu’économique, de la Chine. S’il estimait qu’une victoire russe profiterait à Pékin, il pourrait changer de ton face à Poutine et continuer de soutenir une Europe qui, affaiblie, deviendrait un handicap.


2 réflexions sur “Trump décidera ce qu’il veut…

  1. bernarddominik 07/01/2025 / 16h16

    Trump à compris que seule la Chine est en capacité de remplacer les usa comme puissance dominante. L’Europe a plus d’intérêts vers la Russie grande demanderesse de technologie et de produits de luxe européens que vers les usa. Donc Trump risque un renversement d’alliance s’il s’avère que le bouclier américain est du toc et le marché américain inaccesible.

  2. raannemari 07/01/2025 / 18h39

    La place de 51ème états des Etats-Unis est déjà occupée, et depuis longtemps, par l’Etat génocidaire israélien.

Répondre à bernarddominikAnnuler la réponse.