Eric Lombard : OUI CEKI ?

Le nouveau capitaine du paquebot Bercy veut croire à une prochaine accalmie. « Il faudra bien que nous atterrissions, philosophe-t-il. Notre pays a besoin d’un budget pour fonctionner et donner des perspectives aux contribuables, aux agriculteurs et aux entrepreneurs qui sont très inquiets. Je fais le pari de la responsabilité des parlementaires. »

Depuis sa prise de fonction, il a multiplié les contacts téléphoniques avec les dirigeants politiques et syndicaux, de Sophie Binet (CGT) à Patrick Martin (Medef). Ce social-démocrate revendiqué en ressort avec la conviction qu’il y a une voie de compromis possible.

Eric Lombard apparaît comme l’homme-clé de l’année nouvelle, celui que François Bayrou a placé à la tête d’un très grand ministère de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique pour trouver une voie de passage avec la gauche. Signe d’un changement de stratégie : le Rassemblement national (RN) ne sera pas, comme sous Barnier, un interlocuteur particulièrement soigné.

Membre d’un gouvernement dont le socle reste constitué par la macronie et la droite, Lombard, rocardien pur sucre qui se dit fidèle à ses convictions de gauche, ne fait pas mystère de son intention de trouver un accord de non-censure avec les socialistes : « C’est la raison de ma présence dans l’équipe gouvernementale. »

Son premier objectif : fournir à Bayrou de quoi dissuader une majorité de députés de voter la motion de censure promise par les insoumis après son discours de politique générale du 14 janvier. Lombard estime qu’un rapprochement avec les socialistes pourrait être bénéfique, non seulement pour renforcer la stabilité du gouvernement, mais aussi pour créer un climat de dialogue avec les différentes factions de l’Assemblée nationale.

L’étape suivante : présenter un budget qu’il rêverait de voir passer grâce à des abstentions de l’opposition, sans recourir à l’article 49.3 de la Constitution. « S’il y parvient, ce sera un fait politique majeur et cela élargira le socle de l’exécutif. Si une personne peut y arriver, c’est Eric », croit son ami l’ex-député En marche, Gilles Le Gendre.

Lombard dans la lignée Bayrou, aspire à instaurer une nouvelle forme de gouvernance qui privilégie la coopération et le compromis, en réponse aux défis contemporains qui exigent une approche collective. Dans un contexte où la polarisation politique semble s’aggraver, il se fixe pour ambition de démontrer qu’il est possible de travailler ensemble, au-delà des étiquettes partisanes, pour le bien commun.


D’après un article signé de : Claude Soula, Sylvain Courage, Rémy Dodet, Maël Thierry et Dominique Nora. Nouvel Obs. N°3146. 08/01/2025


2 réflexions sur “Eric Lombard : OUI CEKI ?

  1. bernarddominik 16/01/2025 / 9h52

    Dans un pays gorgé de subventions il sera dur de revenir à une économie saine.

    • Libres jugements 17/01/2025 / 10h51

      En dehors du mot et de sa racine étymologique, le résultat est que subventions et dotations ont le même but, distribué de l’argent pour leur fonctionnement.
      Dans cet esprit un certain nombre d’obligations régaliennes se peuvent que rester publiques dans le giron national.
      À partir du moment où l’éducation, la santé, la gestion de l’ordre, la justice, aura comme obligation de trouver des subsistes des côtés du privé. sont-ils alors capables d’assumer leurs engagements et obligation de résultat.
      Michel

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