L’extrême droite arrive au pouvoir à Vienne après Rome, La Haye, Stockholm, mais aussi Budapest et Bratislava, en s’alliant avec la droite et se réinventant sous d’autres étiquettes.
L’entrée de l’extrême droite au gouvernement de l’Autriche ? Déjà vu en 1999. La grande différence est que le FPÖ (Parti de la liberté d’Autriche), à l’époque partenaire junior des conservateurs, va cette fois occuper la chancellerie avec son chef Herbert Kickl (« VolksFührer », comme il se nomme) en patron de ministres conservateurs.
L’Autriche reproduit ainsi le schéma italien d’une alliance des droites dominée par l’extrême droite. Les Fratelli d’Italia (Frères d’Italie) avaient, en 2008, participé au gouvernement de Silvio Berlusconi, avec une ministre nommée Giorgia Meloni. Depuis septembre 2022, cette dernière est aux commandes avec le parti de Berlusconi pour partenaire. Et aux Pays-Bas, le PVV (Parti pour la liberté) gouverne depuis novembre 2023 avec plusieurs partis de droite.
Une Europe sans Commission
L’extrême droite est également au pouvoir en Hongrie avec Viktor Orbân. Et en Slovaquie avec Robert Fico. Sauf que ce dernier et son parti (le Smer) ont longtemps été qualifiés de social-démocrate. Quant au Premier ministre hongrois, il se revendique démocrate-chrétien, certainement pas d’extrême droite — pas plus que Giorgia Meloni, néofasciste aujourd’hui qualifiée de centre droit. C’est dire que le terme pose problème. Le conseiller politique de Viktor Orbàn, Balazs Orbân (sans lien de parenté) veut coller une autre étiquette, le « national conservatisme ». Ses partisans « valorisent la souveraineté nationale », « soulignent l’importance de la famille » ; « s’opposent aux mouvements libéraux radicaux comme les idéologies woke » et sont « anti-migration », détaillait-il dans Le Point. Ajoutons qu’ils ne sont pas, ou plus, « anti-Europe » mais partisans d’une Europe des États débarrassée du fédéralisme incarné par la Commission.
Cette tendance gagne toujours plus de terrain en Europe. Elle est associée au gouvernement en Suède avec les Démocrates de Suède, en Finlande avec le Parti des Finlandais et en Croatie avec le Mouvement patriotique. Et tous se retrouvent dans trois groupes politiques du Parlement européen : les Patriotes pour l’Europe de Viktor Orbàn et Jordan Bardella, les Conservateurs et réformistes européens de Giorgia Meloni et l’Europe des nations souveraines de l’AfD allemande.
Et la France ?
La nouveauté est la volonté désormais affichée par Manfred Weber, le leader du Parti populaire européen (centre droit) qui domine le Parlement, de nouer des alliances ponctuelles avec tout ou partie des groupes d’extrême droite ou, si l’on veut, « nationaux conservateurs ». En clair, le « cordon sanitaire », comme on dit en français — en allemand le Brandmauer (pare-feu) — n’existe plus.
Restent les deux plus grandes démocraties de l’Union. En Allemagne, le leader conservateur Friedrich Merz exclut que la CDU-CSU gouverne après les élections de février avec l’AfD, mais il l’avait envisagé au niveau municipal. Et c’est après tout ce que disaient ses homologues autrichiens il y a seulement quelques semaines…
En France, la question est moins posée à la droite (Éric Ciotti a déjà sauté le pas) qu’au Rassemblement national : Marine Le Pen récuse toujours l’étiquette « de droite », mais Jordan Bardella soutient une alliance avec la droite dite républicaine.
À voir si le scénario italien, et maintenant autrichien, sera demain français et allemand.
Francis Brochet. Le Dauphiné Libéré. 11/01/2025
Dans un monde inflationniste celui dont les revenus stagnent s’appauvrit. La France emprunte pour maintenir le niveau de vie, mais les français ont compris: quand on emprunte pour payer ses dettes c’est que ça va très mal. Alors ils épargnent au lieu de consommer. La gauche basé sa politique sur la promesse que ça ira mieux demain. Qui y croit encore? Le RN a un bouc émissaire: l’immigré. La droite a un bouc émissaire: le riche. les français sont partagés entre les deux. Et la balance est pour l’instant égale. Qui va l’emporter?