Un président qui décrète la loi martiale en pleine nuit, l’armée défiée par les députés et la rue : la tentative de coup de force mardi en Corée du Sud constitue un nouveau coup de butoir contre les démocraties libérales, déjà largement fragilisées à travers le monde.
Même éphémère, cet épisode illustre une nouvelle fois les menaces qui pèsent sur le modèle démocratique, érigé après 1945 et consolidé après l’effondrement du bloc soviétique à la fin du XXe siècle, en recul depuis une vingtaine d’années.
Au terme d’une année électorale riche, avec plus de la moitié de la population mondiale en âge de voter appelée aux urnes, 2024 a vu advenir la réélection sans surprise d’autocrates « durs », comme Vladimir Pouline en Russie (avec 87 % de voix) ou Ilham Aliyev en Azerbaïdjan (plus de 90 % des voix).
Les hommes forts maintiennent aussi leur emprise dans des démocraties dites « hybrides », même s’ils doivent composer avec des oppositions organisées, comme en Inde ou en Turquie, où les partis de Na-rendra Modi et Recep Tayyip Erdogan ont enregistré un recul notable aux législatives et municipales.
Du mouvement partout
Désormais, même les pays où la compétition électorale est la plus ouverte vacillent : la Corée du Sud mardi, mais aussi les États-Unis, gardiens autoproclamés de la démocratie dans le monde, où le populiste Donald Trump a été réélu.
En Europe aussi, on voit « des politiques de plus en plus polarisées et fragmentées » où « il devient plus difficile de faire des compromis et de gouverner, au point de faire éclater des coalitions au pouvoir », souligne Max Bergmann, du Center for strategic and international studies (CSIS).
En France, l’Assemblée nationale a fait tomber mercredi l’exécutif formé après une dissolution controversée en juin et des législatives anticipées. En Allemagne, l’alliance entre les sociaux-démocrates du chancelier Olaf Scholz, les libéraux et les écologistes, a explosé en novembre et ouvert une crise politique au futur incertain.
Cette volatilité s’explique notamment par « une crise de confiance inédite depuis 1945 dans les partis politiques et les médias », explique Bertrand Badie, spécialiste des relations internationales à Sciences Po. Un climat de défiance qui profite bien souvent aux partis populistes et d’extrême droite, en nette ascension aux Européennes de juin comme dans les scrutins nationaux en Allemagne, en France, aux Pays-Bas, ou avant cette année en Italie et en Hongrie.
« Une grande transformation »
En Roumanie, un candidat d’extrême droite, arrivé en tête du premier tour de la présidentielle, pourrait aussi ravir le pouvoir dimanche. « La planète et les sociétés vivent une grande transformation. La mondialisation libérale n’apporte plus les réponses pour des millions de personnes inquiètes de ces changements parfois radicaux dans la manière de vivre avec autrui, de se déplacer ou de produire », décrypte Gilles Gressani, directeur de la revue géopolitique Le Grand Continent.
Service éditorial Dauphiné. 06/12/2024
Oui mais à part en Azerbaïdjan où une famille contrôle et pille le pays, dans les autres démocratie le peuple à choisi, en Roumanie pour écarter le candidat arrivé en tête on veut nous faire croire que Tiktok peut faire changer d’avis les électeurs, et le conseil constitutionnel a invalidé l’élection, ce qui montre bien que les élites en place ne veulent de la démocratie que si elle les sert. La démocratie est mise en dangers par les mécanismes institutionnels dont le but est la mainmise sur les candidatures, plus faciles à contrôler que les votes. D’ailleurs la pression pour le vote proportionnel à pour but de mieux contrôler les candidatures, car les listes de candidats sont faites par les partis et écartent les indésirables.